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théâtre


 

lundi 10 décembre 2001 à 19h30 et 22h30

tableau vivant blanc sur blanc
d'après le dramelet féerique de Robert Walser
traduction Claude Mouchard (éd. José Corti)
mise en scène de Manuela Morgaine
Envers Compagnie

La Reine Anne Alvaro
Blanche Neige Manuela Mor
gaine
Le chasseur Marc Albert
et la voix de Pierre Fédida
double scénographique Virginie Berry
image Sabine Lancelin
montage Christian Merlhiot
costumes Anne Brault
assistant musical Laurent Sellier
accompagnement Stéphane Meyer
production Envers compagnie, France Culture,
La Muse en Circuit et le CCS
avec la participation de
l'Association des personnes de petites tailles
Play Film et Evénement Cristal
bande son création radiophonique de France Culture
et de la Muse en Circuit conception Manuela Morgaine réalisation Jacques Taroni (diffusion sur France Culture le 29 décembre 2001)

 

50F et 30F
réservation indispensable au 01 42 71 38 38
38 rue des francs-bourgeois 75003 paris
métro saint-paul ou rambuteau

Blanche-Neige. Les frères Grimm l'ont écrit. Et ensuite Robert Walser. Walt Disney et João Cesar Monteiro l'ont filmé. Le premier, en dessin animé technicolor, le second, tout en noir. Enième version de Blanche-Neige, celle-ci, Blanche Neige sans trait d'union, choisit le blanc, la surexposition, le féerique, le revenant, l'hiver, la glace, la neige de flocons et la neige de pétales, les figures sorties d'un cercueil de verre et les mots tournés en boîtes à musiques. Pas vraiment un spectacle ni une chorégraphie ou performance, ni tout à fait un concert, ni un théâtre d'ombres, mais un tableau vivant, radiophonique, ce qu'en 1900, au temps de Walser, d'Isadora Duncan, de Mallarmé et de Maeterlinck, on appelait un « drame statique ». Ici les voix jouent le geste archaïque et répétitif du lent poème méconnu de Robert Walser. L'espace sonore rêve de dessiner, avec ses pics de fréquences, le paysage dentelé des Alpes. Et cherche, au c&brkbar;ur de la modernité, là où sont passées les neiges d'antan. La nuit de Noël 1956, Robert Walser tombe mort dans la neige. Il est habillé d'un costume noir. Son chapeau est posé à côté de lui. En 2000, João Cesar Monteiro filme Branca de Neve dans le jardin botanique de Lisbonne, en plaçant sa veste noire sur l'objectif de la caméra, tout du long du tournage : la voix in (disant le texte de Walser en portugais) et l'image off donnant à voir durant presque tout le film, un écran noir. Comme pour recueillir le point de vue du mort. Expériences mineures, intérieures, comme gants retournés sur des lignes de mains si particulières qu'elles saluent avec fantaisie, velours, feutre, silence, obscurité, un monde d'apparences trop lyriques. C'est en hommage à l'homme écrivain Walser, et à la doublure noire de l'écran de Monteiro, que cet objet d'un soir, fantôme, dépose le linceul de ses légendes. Un linceul ouaté, blanc, neige.

Manuela Morgaine .


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quelques reflets dans la presse de spectacles présentés dans nos murs :

 

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