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musique



vendredi 14 décembre 2001
à 19h30 et 20h300

Michel Corboz
les voix de la passion

19h30
«Michel Corboz, les voix, ma passion»
film-portrait de la collection Plans-Fixes
présenté par Antoine Bosshard, journaliste
20h30
rencontre avec Michel Corboz
présidée par Jacques Allaman, correspondant
de la Radio Suisse Romande à Paris

entrée libre
réservation indispensable au 01 42 71 38 38
38 rue des francs-bourgeois 75003 paris
métro saint-paul ou rambuteau

Soirée au CCS en compagnie de Michel Corboz, à la veille de son concert avec l’Orchestre de la Suisse Romande et l’Ensemble Vocal de Lausanne qui interprètent « Le Messie » de Haendel dans le cadre du XXIVe Festival d’Art Sacré de la Ville de Paris, et de la sortie du livre d’entretiens : Michel Corboz, l’alchimie des voix (La Bibliothèque des Arts, Lausanne, 2001 - entretiens avec Antoine Bosshard).

Né en 1934 à Marsens (canton de Fribourg, Suisse), Michel Corboz doit beaucoup à son oncle, André Corboz, qui lui a enseigné à la fois le chant, le piano, l’harmonie, l’improvisation et l’accompagnement. Il suit tout d’abord une formation à l’Ecole normale de Fribourg et travaille le chant et la composition musicale, tout en s’initiant à l’art de la direction chorale et instrumentale. Baryton au Conservatoire de Fribourg, il est l’élève de Juliette Bise. Plus tard, il complétera sa formation de chef auprès de Hans Haug à Lausanne et de Paul Van Kempen à Sienne. Instituteur à vingt ans, à Lausanne, tout en assumant la direction de la maîtrise de Notre-Dame du Valentin, il fonde avec l’organiste Dante Granato les Concerts de Notre-Dame, d’où naîtra l’Ensemble vocal de Lausanne (qui fête aujourd’hui ses 40 ans d’existence), formé de jeunes professionnels et semi-professionnels, qui remporte des prix au Concours polyphonique d’Arezzo et de Tours, en 1964, année des premiers disques de l’Ensemble vocal, suivis de nombreux enregistrements dont trois de Claudio Monteverdi qui feront date: les Vêpres, l’Orfeo, la Selva Morale, réalisations qui seront couronnées de récompenses, dont le Grand Prix du disque de l’Académie Charles Cros.
En 1969, Michel Corboz est engagé comme chef titulaire à la Fondation Gulbenkian de Lisbonne. Il effectue alors de nombreuses tournées et signe une discographie importante pour Erato, Cascavelle et Aria-Fnac.
A l’opéra, il dirige plusieurs œuvres baroques, et est également chef invité de nombreuses formations: Nouvel Orchestre Philharmonique de Radio-France, Ensemble orchestral de Paris, Orchestre de la Radio Danoise, Orchestre de la Radio Suisse Romande, Orchestre de Chambre de Lausanne. Michel Corboz consacre aujourd’hui tout son temps à la direction et à l’enseignement.
Titulaire de nombreuses disctinctions, dont le Prix pour la Fondation vaudoise pour la promotion et la création artistique (en 1990), Michel Corboz a reçu au Portugal l’Ordre de l’Infant Don Henrique des mains du Président de la République en 1999, et a été nommé en France Commandeur de l’Ordre des Arts et Lettres.
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Michel Corboz (D.R.)


19h30
« Michel Corboz, les voix, ma passion »

un film de la série Plans-Fixes - entretiens : Antoine Bosshard (2000 - 16 mm - 50 min)
Ce qui fascine Michel Corboz chez l’être humain, c’est la voix, au premier chef la voix parlée, «cri de nature» au même titre que le rire. Exalter cette voix, ce timbre, cette couleur particulière, c’est à quoi il s’est voué, nouant avec ses choristes un lien puissant d’ordre passionnel, cherchant à les amener au plaisir partagé dans la musique. Pour lui, l’intuition est primordiale chez le chanteur, car la musique doit nous permettre de nous libérer de nos angoisses, nous alléger, nous aider à vivre. La musique sacrée en particulier convient très bien à son côté anxieux, habité par les problèmes essentiels. Dans l’au-delà, Michel Corboz emporterait Bach (La Passion selon Saint Mathieu), Monteverdi (Les Vêpres) et Frank Martin (Golgotha). Film-entretien avec Antoine Bosshard, correspondant à Paris du journal Le Temps. Musicien, il participa aux débuts de l’Ensemble vocal fondé par Michel Corboz.
Association Films Plans-Fixes:
Les films Plans-Fixes sont nés en 1977 du désir commun de quelques cinéastes et de personnes qui souhaitaient, en Suisse romande, garder une mémoire vivante de notre époque à travers une collection de portraits filmés. Par un tournage sobre, succession de “plans fixes” en noir et blanc qui restituent l’intimité d’un face à face, chaque film fait découvrir un visage, une voix, une vie. Ainsi trouvons-nous les ressorts profonds et l’itinéraire d’hommes et de femmes de toutes conditions qui ont marqué leur temps, écrivains et musiciens, figures enracinées et grands voyageurs, médecins, architectes, philosophes et naturalistes, gens réputés et figures discrètes ou marginales. Jusqu’au printemps 2002, Plans-Fixes aura assuré la production, la réalisation et la conservation de près de 200 portraits. (site internet: http://www.filmnet.ch)

20h30
rencontre avec Michel Corboz présidée par Jacques Allaman, correspondant de la Radio Suisse Romande à Paris, avec la complicité d’Antoine Bosshard, journaliste.

Porté, dès la fin des années soixante, par le succès foudroyant de la trilogie Vespro-Selva Morale-Orfeo d’un Monteverdi tout juste redécouvert par le public, Michel Corboz, avec ses deux ensembles aura parcouru, en marcheur infatigable et toujours surpris, un peu tout le paysage de la musique vocale depuis 600 ans. De Guillaume de Machaut à Kurt Weill et bientôt Schnittke. De Palestrina à Frank Martin. De la Passion selon Saint-Matthieu au Requiem de Verdi. (…)
Un rapport passionnel lie le musicien à son Ensemble Vocal de Lausanne, avec lequel il vit, voyage, entretient une relation extrêmement attentive. Jalouse parfois, au point d’être intenable à certains chanteurs. Une même passion inquiète l’unit à ses auditeurs, et dans le Michel Corboz publié il y a vingt ans (ouvrage collectif, l’Aire musicale, 1981), Pierre Michot note : « On raconte que le petit Mozart demandait à tout le monde : “M’aimez-vous ? M’aimez-vous bien ? ” Quand je vois Michel Corboz faire de la musique, je crois l’entendre poser lui aussi cette question. » Comme si le doute sur l’amour de l’autre était le miroir de son propre épanchement. Signe concret de cet attachement : Corboz préfère désormais le disque live à l’enregistrement en studio, car il a aussi besoin d’un interprète essentiel : le public.
Rien de sentimental ici. D’Edwin Löhrer (1906-1991), le chef mythique de Lugano, Corboz a trop appris que la passion incandescente de la musique – Ardo (Je brûle), c’est le titre d’un fameux madrigal de Monteverdi – ne se suffit pas à elle-même. Elle appelle un travail sans cesse repris, une exigence poussée jusqu’aux excès ; intolérante souvent pour les mollesses des chanteurs et des instrumentistes. Car la passion – comme la Passion – est une épreuve. Et dans les convictions du chef de chœur, un thème ascétique revient souvent sur ses lèvres : quand on « fait la musique », comme il dit, pas de lumière, pas de bonheur sans souffrance. A l’image du saint Pierre de certains tympans romans, on verrait bien Corboz comme l’intercesseur, comme celui qui pousse les âmes vers le ciel. Mais quel effort. Et que les âmes sont lourdes !
Antoine Bosshard, Michel Corboz, l’alchimie des voix (éd. La Bibliothèque des Arts , Lausanne, 2001)
Fin novembre: sortie (non commerciale) par le Festival Michel Corboz de Fribourg d’un CD présentant quelques extraits des concerts donnés dans le cadre de l’édition 2001 du Festival, avec des extraits des Chants d’Ariel de Frank Martin, de la Messe en Ut de Mozart, de la Passion selon Saint Matthieu de Bach et du Requiem de Verdi.

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