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chanson



du 14 mars au 1er avril 2001 du lundi au samedi à 20h30 dimanche à 19h

Coup de Soleil

David Légitimus et Renn Lee chantent Gilles

entrée 50F et 30F
au 38, rue des Francs-Bourgeois 75003 Paris
réservations au (33)1 42 71 38 38


Nouvelle version de « Coup de Soleil », tour de chant consacré au répertoire de Gilles. Celui-ci - le sait-on assez ? - fut l’un des poètes et musiciens majeurs de la chanson française des années 1930 à 1960. Grand Prix du Disque en 1934 avec Julien, son complice, il est notamment l’auteur de La Belle France, qui deviendra l’hymne du Front populaire. David Légitimus (d’une lignée d’artistes du music-hall venue des Antilles) et Renn Lee (compositeur et pianiste australien) réinterprètent Gilles comme un contemporain : « petit bijou de spectacle » qui n’a pas épuisé son succès.

 

Les flibustiers du beau chant
Jean Villard-Gilles (1895-1983), ou Gilles tout simplement, chanteur le plus populaire de l’histoire musicale suisse, fut l’élève de Jacques Copeau. Auteur-compositeur-interprète, propriétaire de théâtres et cabarets en Suisse et à Paris (dont ce « Coup de soleil » qui donne son titre au spectacle), Gilles accompagna Fréhel et écrivit pour Piaf. (...) Renn Lee a complètement ré-arrangé les chansons, avec un profond respect de la prosodie et une totale liberté d’interprétation qui restitue pleinement leur dimension poétique et intemporelle. Tandis que le chant de David Légitimus, ample, drolatique et léger, moiré de mélancolie, s’en va visiter le swing et le gospel, le piano de Renn Lee se promène sur tous les claviers du siècle, depuis Debussy et Fauré - ils nous valent une émouvante improvisation sur la Mer - jusqu’à Ray Charles, sans oublier un détour par le jazz et la comédie musicale. Voix et piano sont les composants d’une alchimie qui mêle, constamment, finesse et émotion.

Olivier Schmitt - Le Monde

 

 

Renn Lee et David Légitimus chantent la Java aux étoiles...

Jean Villard-Gilles à Bobino en 1934

 

Jean Villard-Gilles (1895-1983)
Jean Villard-Gilles (1895-1983) Acteur, chanteur, auteur et compositeur, Jean Villard débute à la scène lors de la création - à Lausanne en 1918 - de L’Histoire du Soldat , de Stravinski-Ramuz, lesquels le recommandent à Jacques Copeau. Engagé au Vieux Colombier, puis avec les Copiaus en Bourgogne, il est l’acteur-musicien de la troupe. Il y rencontre Aman Maistre, dit Julien (qui deviendra le directeur du Théâtre des Nations), avec lequel il crée bientôt le fameux duo Gilles et Julien. Gilles ? « En souvenir du clown enfariné que j’ai joué chez Copeau dans une farce de Thomas Gueulette », déclare l’intéressé dans ses mémoires (Mon demi-siècle, Payot). Retraçant l’aventure de Gilles, Hélène Hazéra (Libération, 26 mars 1992), rappelle à quel point « ses textes secouent le cocotier d’une chanson que l’industrie commence à vouer aux stéréotypesé Chansons politiques véhémentes, charge contre les poncifs de la chanson réaliste Le succès est à la mesure de la nouveauté. En 1934, Gilles et Julien, déjà passés dans les plus grands music-halls, reçoivent le Grand Prix du Disque ; en 36, La Belle France sera l’hymne du Front populaire. Dans la brêche qu’ils ont faite s’enfilent Trénet et Prévert pendant qu’un Lemarque ou une Renée Lebas reprennent leur répertoire. Avec la guerre, le duo se sépare, Julien retourne au théâtre, Gilles en Suisse où on l’envoie garder le lac ; animateur troupier, il rencontre Edith Burger, sa nouvelle partenaire, et la radio. Et en quarante, ouvre un cabaret à Lausanne : Le Coup de Soleil. La censure veille, mais Gilles résiste ; c’est La Nuit du diable, Le 14 Juillet, Mille ans déjà, comme le temps passe. En 1947, le Tout-Paris des arts et des lettres lui fait un triomphe au Théâtre de l’Atelier. Gilles remplace sur ce Edith, malade puis morte, par Albert Urfer et ouvre son cabaret, Chez Gilles, avenue de l’Opéra. Piaf reprend son Auberge de la fille sans cœur, puis Les Trois Cloches avec les Compagnons de la Chanson : avec un nombre de versions incalculables, jusqu’à Ray Charles, un standard est né. Chez Gilles est à la rive droite ce que La Rose rouge est à la rive gauche : Poiret et Serrault s’y lancent, Cora Vaucaire, Stéphane Goldman, et combien d’autres. Brel, qui y était en 1954, rendra visite à Gilles en Suisse, juste avant de mourir, pour lui dire que c’est après avoir vu Paris y applaudir ses poèmes vaudois qu’il a tout compris ».


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