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Photochronique 1914 : les utopistes du Monte Verità. Tandis que l'Europe se précipite dans la guerre, de jeunes intellectuels au bord du lac Majeur se libèrent des contraintes de la civilisation. Des anarchistes, des socialistes, des végétariens, des artistes, des écrivains et des danseurs expérimentent au Monte Verità, près d'Ascona, de nouveaux modes de vie. La troupe des danseurs de Rudolf von Laban (à gauche sur cette photo de Johann Adam Meisenbach) s'offre à la nature dans une nudité révolutionnaire pour renouveler la société de l'intérieur. Cette précoce photographie en couleur (il s'agissait à l'origine d'une diapositive sur verre) anticipe une technique future et reflète intensivement, par la faîcheur conservée de ses couleurs, l'aspiration au changement qui motive ces « réformateurs de la vie ».
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« Du coin de l'oeil »Une exposition de la Fondation Suisse pour la Photographie et du Forum de l'histoire suisse / Musée national suisseCette exposition de photographies s'inscrit dans le programme spécial du Centre Culturel Suisse &endash; sur le thème : « Artistes et mémoire citoyenne » &endash; pour les 150 ans de la Suisse moderne (1848-1998). 150 ans, 150 photos : une par année. « Fenêtres sur le temps », faits divers plutôt qu'événements historiques, les images présentées ici résument aussi l'évolution de la technique : des précieux daguerréotypes aux pièces rares d'artistes et de professionnels, en passant par la carte postale et la photo d'agence.
1839 est l'année où l'invention de la photographie est rendue publique. Neuf ans plus tard a lieu la fondation de l'Etat fédéral suisse. De tous les médias modernes la photographie reste le seul qui puisse nous offrir une documentation continue sur l'ensemble de la période allant de 1848 à aujourd'hui. "Du coin de l'oeil" présente pour chaque année une photo qui a été prise quelque part en Suisse. Comment se reflète le passé de ce pays à travers la reproduction supposée fidèle de "l'objectif" ? Plutôt que d'illustrer les événements qui ont fait bouger le monde, les photographies se focalisent sur des inconnus, héros et héroïnes du quotidien, sur les "petites nouvelles sensationnelles" apparemment insignifiantes, à l'ombre de la grande Histoire. Chacune d'elle est une nouvelle fenêtre sur le passé. Un charme particulier réside dans le choix des images et dans leur succession; elles racontent une histoire surprenante (et parfois déconcertante) de la Suisse. Une histoire où la réalité, mais aussi les points de vue, changent de manière dramatique
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Photochronique 1848 : La Suisse compte environ 2,4 millions d'habitants au moment où est fondée la Confédération. Sa constitution - une des plus progressistes d'Europe - stipule qu'il ne peut y avoir « ni sujets, ni privilèges de lieu, de naissance, de famille ou de personne ». Les idéaux de la société libérale et bourgeoise n'impliquant cependant pas seulement des règles fondamentales politiques, mais aussi certains modes de vie. Les temps où un ménage constituait une unité économique et une communauté de vie ouverte sont révolus. La famille, havre de paix et de confiance, devient le fondement de la société : axée sur le sentiment et tournée vers l'intérieur, elle donne des forces pour affronter l'existence dans le dur monde extérieur.
Photochronique 1898 : les monteurs du téléphone ont travaillé sous pression. Le distributeur central qui se trouve derrière eux comprend plus de 1000 raccordements.
Photochronique 1923 : Le garçon devant son métier à tisser a le regard des enfants que nous voyons souvent sur les affiches de l'Unicef et d'autres oeuvres d'entraides : des enfant qui doivent travailler dur pour gagner leur vie, et parfois celle de toute la famille. Leur travail est dû à la misère, croit-on savoir. Mais n'est-ce pas plutôt au progrès ? En Suisse, le travail des enfants es lié à l'industrialisation, qui transforme ce pays agricole pauvre en une nation riche, performante sur le plan technique et disposant de solides relations internationales. Mais le succès a son prix.
Photochronique 1928 : le Zeppelin survole la Suisse.
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La Suisse de 1848 à 1998 - photochroniqueLes cent cinquante années de l'histoire de la Suisse moderne recouvrent à peu près la période où la photographie exerça sa plus forte influence sur la vie sociale. L'invention de la nouvelle technique avait été sans doute officiellement annoncée dès 1839 à Paris. Mais elle exigeait encore quelques progrès dans son application avant que son usage pût se répandre dans un plus vaste public. En 1848, lorsqu'est fondé l'Etat fédéral suisse, ce pas est franchi et la photographie occupe une place désormais stable dans la vie privée et publique du pays. Peu d'années après elle rendait déjà d'utiles services - par exemple, pour le tourisme, pour l'enregistrement administratif des personnes ou pour la documentation d'évènements ou d'édifices anciens et nouveaux. Les photographies, sources historiques? La photographie en notre fin de siècle est parvenue à un point critique. Le procédé proprement photographique, dans lequel la lumière inscrit des traces sur une surface sensible, commence à faire place à une nouvelle technique de production de l'image, immatérielle, digitale. Les valeurs de ton et de couleur y sont définies selon un code mathématique par de petites unités informatiques (Pixel) qui peuvent sans problème être décodées et traduites en images. Celles-ci jouissent donc d'une autonomie par rapport à la réalité mais du même coup leur authenticité n'est plus garantie. Cette révolution donne une nouvelle urgence au besoin de s'interroger sur ce qu'a été jusqu'à présent le rapport de la photographie avec la réalité, dans un temps où il est fait un usage croissant de la photographie conventionnelle, historique, pour ressusciter le passé. Or la façon de traiter cet héritage visuel transmis par à peu près cinq générations de photographes de tous genres est souvent marquée par l'embarras et l'arbitraire. Comment archiver et mettre en valeur ce patrimoine photographique? A quelles conditions des photographies peuvent-elles prendre rang de sources historiques? Plus généralement qu'a-t-on retenu de la scène visuelle des cent cinquante dernières années, qu'en a-t-on écarté? Et comment lire ces documents bruts laissés par la photographie? L'exposition "Du coin de l'oeil" au Forum de l'Histoire suisse à Schwyz - coproduite avec la Fondation suisse pour la photographie - s'inspire de ces questions. Elle apporte sa contribution à l'éclaircissement du rapport qu'entretiennent la photographie et l'histoire - sans prétendre par là vouloir exposer l'histoire même de la photographie, ni non plus présenter l'oeuvre des seuls meilleurs photographes du pays.
"Du coin de l'oeil" - une expérience"Du coin de l'oeil" est en ce sens une expérience ludique : à chaque année de 1848 à 1998 correspond une photo prise quelque part en Suisse. Ces "photos de l'année" ne veulent pas simplement illustrer les plus grands, les plus importants évènements, ceux qu'on appelle "historiques". Le choix est bien plutôt issu d'une revue non systématique, ouverte sur des décisions spontanées et portant sur des milliers de photographies qui proviennent d'archives privées et publiques. Ainsi a-t-on pu filtrer des images qui sont comme autant de "fenêtres sur le temps" : prises de vue datées, qui présentent un aspect photographiquement intéressant de la vie quotidienne et retiennent ces "faits divers" qui paraissaient alors aux contemporains bien souvent plus photogènes que "l'Histoire avec un H". Les photos choisies représentent des étapes différentes dans l'évolution de la technique et vont de précieux daguerréotypes, en passant par de peu coûteuses cartes de visite, des projets anonymes de cartes postales, des photos d'agence à grand tirage, jusqu'à des pièces rares par leur perfection artistique et professionnelle. Venues de différentes régions de la Suisse elles font également connaître des facettes ignorées de ces cent cinquante années écoulées, facettes souvent taillées au voisinage et comme en marge des lieux mémorables où se faisait alors l'Histoire, et qui n'ont pu être aussi singulièrement perçues que "du coin de l'oeil" : ainsi pour l'incendie du village de Le Lieu en 1858, une scène de cabaret à La Punt en 1866, le travail d'usine dans l'industrie lourde en 1890, Madame Müller dans son auto en 1911, l'équipe de nettoyage à l'Exposition nationale de 1939, une représentation théâtrale donnée par des prisonniers en 1951 ou le muezzin de la mosquée Mescid de Bâle lors de l'appel à la prière du soir en 1993.
Une histoire en imagesIl est clair que toutes ces photographies d'un moment ne sauraient donner une représentation objective de la réalité. Mais en tant que témoignages d'une certaine perception de la réalité, chargés d'émotion et d'idéologie, ils sont extrêmement instructifs. Si l'on ne se contente pas de leur seul rôle d'illustrations, mais qu'on les interroge attentivement sur leur contenu historique, on peut y découvrir aussi maint aspect caché et refoulé du passé. Leur ordre rigoureusement chronologique fait également de ces photos une histoire en images, qui, même sans légendes, raconte l'évolution de la vie quotidienne en Suisse, une évolution qui ne se limite pas à un cours commodément explicable, continu, mais qui connaît aussi des ruptures et des contradictions, des moments chaotiques et des absurdités, des progrès comme des régressions. C'est pourquoi la réduction risquée de 150 années à 150 photographies d'un moment ne nous fait nullement oublier que toute représentation de l'histoire est une construction, et qu'elle ne peut donc renier la large part qu'elle doit à une interprétation subjective et à l'inspiration. Forum de l'histoire suisse, Schwyz (traduction Jean Launay)
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Photochronique 1932 : longtemps objet de raillerie, la gymnastique féminine passe pour une «ânerie inventée par les citadines». Il faut des années poure les femmes puissent organiser leurs premières journéeisses de gymnastique féminine ; elles ont lieu en 1932 à Aarau, exactement un siècle après la première fête analogue masculine.
Photochronique 1951 : le théâtre en prison. Pur dtrois heures, la répartition usuelle des rôles est modifiée das la prison Saint-Jacques, établissement pénitentiaire officiel du canton de St-Gall. Qui sont les détenus, qui est le public ? La pièce s'intitule : «Que feriez-vous si vous étiez le docteur Charles Wilson ?» Un médecin pratique l'euthanasie sur un patient atteint du cancer et le procureur fait valoir qu'il n'existe aucune vie qui ne mérite d'être vécue. La pièce a été préparée en commun par le directeur de l'établissement, M. Gautschi, les détenus et quelques comédiens durant les heures de loisir.
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quelques reflets dans la presse d'expositions présentées dans nos murs :