| retour au programme du Centre Culturel Suisse à Paris  |

Exposition



 

du 16 septembre au 22 octobre 2000

Johannes Gachnang

le chaos dans la géométrie


Surtout connu sur la scène européenne de l’art contemporain pour ses activités de passeur engagé, l’ancien directeur de la Kunsthalle de Berne expose son travail de graveur 
 

entrée libre au 38, rue des Francs-Bourgeois 75003 Paris

de 14h à 19h sauf lundi et mardi

Lors du vernissage, le 15 septembre à 18h30, Jean-Baptiste Joly, directeur de l’Akademie Schloss Solitude à Stuttgart, présente Gachnang : le commissaire d’expositions, le critique d’art, l’éditeur, le professeur et le graveur. Quant à Irène Aebi et Steve Lacy, ils nous offrent le plaisir d’improviser sur des partitions dédiées à des artistes contemporains.  

C’est une face confidentielle et secrète de la personnalité de Johannes Gachnang que le CCS met en lumière : son œuvre de graveur. Avec un éclairage succinct sur ses autres domaines d’activité : édition d’art, critique, conception d’expositions. A découvrir dans la petite salle Jean-Jacques Rousseau.

Né en 1939 à Zurich, Johannes Gachnang étudie le dessin d’architecture puis travaille jusqu’en 1967 chez divers architectes à Zurich, Paris et Berlin (notamment chez Hans Scharoun). Il se consacre ensuite à son propre travail artistique, choisissant la gravure comme mode d’expres-
sion. Depuis lors, il a multiplié ses activités, privilégiant un rôle de médiateur, de pivot, de passeur entre les différents métiers liés à l’art ou les générations. 
Entre 1971 et 1974, lors d’un séjour à Amsterdam, son attachement à l’art va prendre une nouvelle direction : la production d’autres artistes. Il y organise ses premières expositions pour la galerie du Gœthe-Institut. De 1974 à 1982, il est le directeur de la Kunsthalle de Berne. On lui doit l’exposition, tout à fait novatrice à l’époque, consacrée au travail graphique de l’écrivain français Pierre Klossowski (dont il organise d’ailleurs une rétrospective à la Sécession, Vienne, 1995), ou celles sur Baselitz, Broodthaers, Lüpertz et Toroni. Il poursuit son activité de commissaire indépendant, pour la documenta 7 de Kassel en 1982 et, notamment, en tant que codirecteur du musée d’art contemporain Castello di Rivoli près de Turin.
En 1984, Johannes Gachnang fonde la maison d’édition Gachnang & Springer à Berne, en partenariat avec le marchand d’art Rudolf Springer. Il publie des écrits d’artistes,  des catalogues raisonnés de leur œuvre.  Ainsi, le cercle se referme et Gachnang graveur édite le travail des artistes qu’il admire, faisant par là même se rejoindre les deux faces d’une même passion : la production et la diffusion de l’expression artistique.

gravure de J. Gachnang

Johannes Gachnang : Le musée imaginaire de Georg Baselitz,
Berlin,1966, 40 x 40 cm 


L'exposition
Notre exposition met en évidence l’évolution de son travail de graveur, qui passe d’une forme très architecturale et influencée par les villes dans lesquelles Gachnang a résidé (Paris 60-63, Berlin 63-67, Istanbul 67-68, Rome 68-70 et Amsterdam 71-74), vers une plus grande simplification de la forme ? après une phase de saturation de l’espace graphique. Il est intéressant de constater à quel point son œuvre introduit le chaos au sein de la géométrie. Sa conception de la gravure est celle d’un monde en réduction dans lequel l’idée de la construction revêt une grande importance : ses gravures sont autant de fenêtres ouvertes sur un univers de signes et de combinaisons, mais dominé par un ordre précis ? une orientation.  Concentrées et d’un équilibre extrême au départ, elles s’écartent peu à peu de cette aspiration à la représentation d’un espace architectural. Gachnang s’amuse même à distordre la perspective pour atteindre à une réduction maximale de l’effet visuel  Pour finir, son interrogation sur la force d’expression du signe unique se concrétise dans sa série des Exercices de style I-VI.
La lenteur du geste du graveur contraste avec la vitesse de notre quotidien. Elle correspond cependant à l’effort qui est demandé au spectateur au cours de son observation. L’incroyable maîtrise de Gachnang lui permet de varier à l’infini les passages du noir le plus profond vers le blanc du papier. La multiplicité des teintes obtenues, ainsi que les jeux rythmiques des traits gravés, se combinent comme un vocabulaire voire comme un alphabet ? sans oublier l’humour de Johannes Gachnang, qui aime insérer dans ses gravures un élément venant perturber le sérieux apparent.
Cet artiste au parcours atypique et qui a relativement peu exposé renouvelle le genre traditionnel de  la gravure. De passeur engagé, il redevient, le temps d’une exposition, celui qui est regardé : exposeur exposé, il retrouve ainsi à Paris le lieu de ses premières passions. 
 Héléna Bastais
Ê

Archives quelques reflets dans la presse au sujet d'expositions présentées dans nos murs :

 

  | webmestre | © Centre Culturel Suisse de Paris | dernière modification 10.10..2000 |