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Exposition



du 24 février au 15 avril 2001

Franz Gertsch

bois gravés monumentaux 1986-2000

exposition réalisée par
Rainer Michael Mason conservateur du cabinet des estampes, Genève

entrée libre au 38, rue des Francs-Bourgeois 75003 Paris
de 14h à 19h sauf lundi et mardi


Pour la première fois à Paris, une exposition des gravures monumentales de Franz Gertsch, réalisée par Rainer Michael Mason, conservateur du Cabinet des estampes de Genève

Franz Gertsch a exposé à Bâle, Berlin, New York et Vienne, mais jamais à Paris ­ sauf à considérer sa participation en 1974 au grand dossier des Hyperréalistes américains / Réalistes européens, au CNAC. Ce titre suffit à indiquer la famille d'origine de l'artiste né en 1930 dans le Canton de Berne. Son oeuvre est une lente exploration, en grand format le plus souvent, du réel que l'appareil photographique peut saisir, les mots assez clairement décrire, et le pinceau traduire. C'est là d'ailleurs que se produit la transmutation fondamentale : l'objet regardé échappe à l'objectif, dévie le discours, rebondit dans l'espace du regard désirant et de l'imaginaire. Mais ce n'est pas comme peintre que Franz Gertsch est présenté au Centre culturel suisse de Paris. On n'y verra donc pas Silvia (1997-1998), le monumental portrait « Renaissance » (montré à la dernière Biennale de Venise), ni les immenses détails de forêts vierges d'herbes basculant dans l'abstraction des formes et des teintes comme autant de paysages quasi cosmiques. Le volet retenu est celui de la gravure, dans des dimensions qui atteignent facilement 234 x 181 cm, si ce n'est 202 x 549 cm (il s'agit alors du triptyque Schwarzwasser II [1993-1994], qui fait rouler son flot noir sur les pierres et la lumière frisante d'un rapide contemplé près de Rüschegg).

« Gräser » (1999-2000) xylographie sur parpier japon (170 x 153 cm)

La gravure que Franz Gertsch pratique depuis 1986 pour révéler (pourquoi pas au sens photographique !) visages, feuilles végétales, eaux et sous-bois avec une efficacité visuelle stupéfiante sans jamais sacrifier la ferveur de la présence au spectaculaire ­ cette gravure s'inscrit dans la vieille tradition asiatique et européenne de l'impression en relief, celle de la taille blanche, mais sous une modalité novatrice. Sa technique renvoie au criblé qui se pratiquait sur métal à la fin du XVe siècle ou au pointillé du XVIIIe siècle. Au moyen de gouges-couteaux, le peintre-graveur pique la plaque de bois dressée devant lui. Ce semis de retraits de matière se traduira au tirage par autant d'éclats lumineux au sein d'un aplat coloré. Il n'y a pas, insistons, de tracés linéaires ni d'ombres: le modelé est seulement assuré par un réseau de points ; Franz Gertsch lève, à strictement parler, les lumières de la forme. Pour se guider de proche en proche sur la plaque de bois, il projette par intermittences une diapositive (il est bien sûr l'auteur de cette photographie qu'il restitue librement à la main, comme gestuellement, à la faveur de son entraînement au Tai-Ji). Le piqueté réalisé évoque, vu de près, une trame dite résine ou une structure de phototypie, que l'épreuve sur papier japon va délivrer en « négatif » sur un fond coloré jamais perceptible comme une surface stable, car l'encrage au rouleau de la plaque et l'impression « au frotton », ajoutés à la nature de la pigmentation choisie comme un élément essentiel dans l'interprétation de la partition gravée, engendrent à chaque fois un champ bourdonnant et une identité singulière. C'est dans ce champ que l'image prend corps, à la fois étale et intense. La suite des épreuves d'un même sujet en des tonalités différentes influe décisivement sur la lecture de l'oeuvre par son regardeur : on en fera l'expérience à Paris en passant d'un tirage en rouge à une version en noir de Schwarzwasser II. C'est là, précisément, que s'affirme le peintre, le coloriste qui « couche » la forme, la séduction spontanée de la narration réaliste, dans la livraison sensible de la couleur, dans l'habit « non objectal » du monochrome, dans la décantation de l'image par la durée du regard qu'elle capte. Bref, l'oeuvre de Franz Gertsch peintre-graveur apparaît comme une des fortes aventures artistiques du siècle, par quoi les moyens employés (ceux du réalisme photographique, en l'occurrence) se transcendent dans un écart signifiant. Tout à coup nous pouvons, ici, redire avec Merleau-Ponty : « Tout ce que je sais du monde, je le sais à partir d'une vue mienne » ­ et non pas à partir d'une définition prétendument objective. [rmm]  


   

Natascha IV (6/18 et 7/18), 1987-1988, xylographie couleur, 232,5 x 182 cm


biographie

Franz Gertsch est né le 8 mars 1930 à Mörigen, Canton de Berne. De 1947 à 1950, Franz Gertsch fréquente l'école de peinture de Max von Mühlenen, à Berne, où la galerie Simmen présente en 1949 sa première exposition personnelle. Jusqu'en 1952, toujours à Berne, où il résidera jusqu'en 1974, il se perfectionne dans le domaine des techniques picturales auprès de Hans Schwarzenbach. En 1967, il reçoit la Bourse Louise Aeschlimann, à Berne: c'est l'époque des images pop aux typologies simplifiées. La première des peintures réalistes de Franz Gertsch date de 1969: « Huaa ...! », cavalier au galop, sabre levé, interprète une double page du périodique Salut les copains. Suivent dès 1970 les scènes de famille ou de groupes, et les portraits « en situation » d'amis du milieu de l'art. En 1972, à la faveur de Documenta 5, à Kassel, qui « interroge la réalité », Franz Gertsch participe à sa première grande exposition collective. L'année suivante, avec « Franz et Luciano », son oeuvre s'oriente vers les représentations de un ou plusieurs personnages plus cadrés dans leur présence et spécificité propres. « Patty Smith », en 1979, marquera la conclusion de cette phase. Franz Gertsch voyage : Paris, Etats-Unis (1972, 1973, 1986), Italie, Autriche, Écosse, Allemagne, Japon (1987). Grâce à une bourse du DAAD, il passe une année à Berlin en 1974-1975. Le CNAC, à Paris, l'intègre en 1974 dans l'exposition « Hyperréalistes américains / Réalistes européens ». À son retour de Berlin, Franz Gertsch passe quelques mois à Berne, avant de se fixer en 1976 à « Rüschegg » (non loin de Fribourg et de Berne), où il vit et travaille depuis. La Biennale de Venise l'invite en 1978 à exposer dans le cadre de Dalla natura all'arte. Dall'arte alla natura. Le grave et grand autoportrait de 1980 engage la focalisation de l'artiste sur la tête. Cette vision prévaut jusqu'à « Johanna II », peinture achevée en 1986. Commence alors dans l'oeuvre de Franz Gertsch un nouveau chapitre qui va occuper sans partage près d'une décennie : la gravure sur bois, exécutée selon une technique de « piquage » (entre 1947 et 1962, il avait délivré des xylographies linéaires, souvent liées à des récits, très élégantes dans leurs abréviations illustratives). A ce jour ce pan majeur de l'oeuvre gravé comprend un peu plus de 20 sujets aux dimensions très larges, imprimés sur japon de main substantielle en des modalités chromatiques nombreuses et raffinées. En 1994, l'artiste reprend le pinceau à la faveur de quelques peintures sur japon, à motifs végétaux culminant dans « Lapis-lazuli : 8.III.1995 », qui est une méditation totalement « abstraite » sur la couleur, le ciel nuageux, l'élémentaire et l'eau, dans leur immense magma. Suivent, toujours en très grand format, des toiles sur le thème de l'herbe entre 1995 et 1997. Il entreprend alors un nouveau portrait monumental, « Silvia », aux échos Renaissance, achevé en 1998 et qu'on verra à la Biennale de Venise de 1999, alors qu'il est en train d'en réaliser une variante, menée à terme en 2000. L'oeuvre peint de Franz Gertsch compte ainsi, depuis 1969, un peu moins de 50 grands formats, 10 petits formats, et 30 travaux moyens ou sur papier. En 1999-2000, le peintre-graveur suisse se tourne à nouveau vers l'estampe et délivre une dérivation gravée de « Gräser II », tableau de 1996-1997. [rmm] .


Franz Gertsch (photographié par Balthasar Burkhard)

expositions personnelles

1949
Bern, Galerie René Simmen 1951 Bern, Galerie René Simmen

1955
Bern, Anlikerkeller, « Grafik und Malerei » (8.X - 31.X)

1962
Bern, Anlikerkeller (13.I - 31.I)

1964
Bern, Anlikerkeller (1.II - 23.II)

1966
Zürich, Galerie Orell Füssli

1968
Bern, Galerie Krebs (16.X - 16.XI)

1969
Basel, Galerie Riehentor, « Bilder und Collagen » (7.VI - 4.VII)

1970
Bern, Galerie Toni Gerber, « Neue Bilder I » (21.II - 31.III)
Bern, Galerie Toni Gerber, « Neue Bilder II » (20.IV - 31.V)
Basel, Galerie Stampa (25.IX - 28.X)

1971
Zürich, Galerie Annemarie Verna (22.I - 2.III)

1972
Luzern, Kunstmuseum (30.I - 15.III)
Berlin, Galerie Mikro

1973
New York, Nancy Hoffman Gallery (15.IX - 15.X)

1975
Berlin, Akademie der Künste (19.I - 23.II)
Braunschweig, Kunstverein (14.III - 27.IV)
Düsseldorf, Kunsthalle (6.V - 15.VI)
Basel, Kunsthalle (19.VI - 10.VIII)
Köln, Galerie Veith Turske (1.IX - 9.X)

1976
Köln, Galerie Veith Turske (10.X - 19.XI)

1977
Köln, Galerie Veith Turske (8.I - 16.II)
Basel, Art 8'77, Galerie Veith Turske (16.VI - 21.VI)
Köln, Art Cologne (Internationaler Kunstmarkt), Galerie Veith Turske (26.X - 31.X)

1978
Basel, Art 9'78, Galerie Veith Turske (14.VI - 19.VI)
Köln, Galerie Veith Turske (14.VI - 19.VI)

1979

Köln, Galerie Veith Turske (10.II - 17.III)

1980
Zürich, Kunsthaus (18.IV - 8.VI) Hannover, Kunstmuseum mit Sammlung Sprengel (22.VI - 7.IX)

1981-1982
New York, Louis K. Meisel Gallery, « Major Works » (3.XII.1981 - 6.I.1982)

1983
Zürich, M.Knoedler AG, « Arbeiten
1981/1982/1983 » (23.VII - 3.IX)

1986

Bern, Kunsthalle, « Johanna II » (12 - 13.IV)
Wien, Museum moderner Kunst (17.V - 29.VI)
Basel, Kunsthalle (12.VII - 7.IX)

1987
Zürich, Galerie Turske & Turske, « Die Holzschnitte » (26.II - 28.III)

1988
Berlin, Galerie Michael Haas, « Farbholzschnitte 1986 bis 1988 » (10.XII.1988 - 28.I.1989)

1989
Genève, Cabinet des estampes & Musée Rath (Musée d'art et d'histoire), « Bois gravés monumentaux » (15.III - 21.V)
Chicago, Perimeter Gallery, « Large-scale Woodcuts » (28.IV - 30.V)
Frankfurt/Main, Galerie Friedman-Guinness, « Die Holzschnitte » (31.X - 9.XII)

1990
Zürich, Galerie Turske & Turske, « Die Holzschnitte » (31.III - 26.V)
New York, Museum of Modern Art, in the series Projects / [Monumental Woodcuts,] (12.V - 26.VI)
Washington D.C., Hirshhorn and Sculpture Garden, « Nine large-scale Woodcuts » (19.IX - 16.XII)

1991
San José, Museum of Art, « Large-scale Woodcuts » (13.I - 31.III.[14.IV.])
München, Städtische Galerie im Lenbachhaus, « Holzschnitte » (3.VII - 1.IX.)

1992
Lausanne, Galerie Patrick Roy, « Gravures sur bois 1986-1991 » ( 5.II - 30.IV)
London, Turske · Hue-Williams Gallery, « New Works » (2.IV - 31.V)

1993
Zürich, Graphische Sammlung ETH, « Landschaften » (2.VI - 16.VII)
Frankfurt/Main, Städtische Galerie im Städelschen Kunstinstitut, « Landschaften » (10.VI - 8.VIII)

1994
Oldenburg, Oldenburger Kunstverein, « Landschaften · Holzschnitte » (17.IV)
Bern, Kunstmuseum, « Holzschnitte und Malerei auf Papier » (30. IX - 27. XI)
Bern, Galerie Kornfeld, « Holzschnitte 1986-1994 » (3.X - 30.XI) 1994-1995
Lausanne, Galerie Patrick Roy, « Travaux récents » (12.XI.
1994 - 21.I.1995)
Baden-Baden, Staatliche Kunsthalle, « Holzschnitte und Malerei auf Papier », 10.XII.1994 -5.II.1995)

1995
Düsseldorf, Galerie Karin Fesel, « Arbeiten 1988-1994 » (14.II - 31.III)
Nagoya, Aichi Prefectural Museum of Art, [woodcuts · paintings on paper] (26.V - 2.VII)
Ermatingen, Wolfsberg Management Training Center, « Holzschnitte » (22.VIII - 24.X)

1997
Burgdorf, Kunsthalle (Maxe Sommer), [Holzschnitte] (8.III - 11.V)
Genève, Cabinet des estampes du Musée d'art et d'histoire, série Les barricades mystérieuses IV / « Gravures de jeunesse » (25.IX - 19.X)

1997-1998
Berlin, Hamburger Bahnhof · Museum für Gegenwart, « Landschaften und Porträts 1986-1995 » (3.X.1997 - 11.I.1998)
Goslar, Mönchehaus-Museum für moderne Kunst [Ausstellung zur Verleihung des Kaiserrings 1997 / Holzschnitte · Gemälde] (18.X.1997 - 4.I.1998)

1998
Bern, Galerie Kornfeld, « Graphik der Jahre 1947-1957 · Einzelne neue Holzschnitte » (3.IX - 10.X) Michael Hue-Williams Fine Art [woodcuts] (8.IX - 10.X)

1999
Kiel, Kunsthalle, « Frühe Holzschnitte 1947-1957 » (31.I - 21.III)
Kleve, Museum Kurhaus · Edwald Mataré-Sammlung, « Gemälde und Holzschnitte 1987 bis 1997 » (27.VI - 19.IX)

2000
London, Hess Collection at Vinopolis Gallery, « A major Retrospective 1970-1995 · Works from the Hess Collection » [woodcuts · paintings] (2.II - 10.IX)
Berlin, Galerie Haas & Fuchs, « Holzschnitte · Gräser » (15.IX - 28.X)

2000-2001
Harburg, Harburger Bahnhof, « Die großen Holzschnitte » (3.XI.2000 -14.I.2001) 2001
Paris, Centre culturel suisse, « Bois gravés monumentaux 1986-2000 » (23.II - 15.IV)
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Archives quelques reflets dans la presse au sujet d'expositions présentées dans nos murs :

 

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