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Huelin
présente des peintures ayant pour motifs des objets empruntés
à la vie quotidienne, souvent des meubles liés au
corps, provenant d'images de catalogues qu'il manipule et transforme
par ordinateur : univers où, paradoxalement, le corps n'a
pas sa place.
Au
cours de sa formation dans les ateliers de Chérif et Silvie
Defraoui à l'Ecole Supérieure des arts visuels (ESAV)
à Genève, Michel Huelin (né à Saignelégier
en 1962) travaillait en même temps le média électronique-
la vidéo - et le média classique de la peinture. Ainsi
la peinture est-elle analysée à la fois sous l'aspect
de sa matérialisation et du point de vue de l'illusion qu'elle
crée. L'usage des résines alkydes sur des supports
en aluminium ne laisse percevoir aucune trace de pinceau, aucun
geste, « telle une faïence de salle de bain, fraîchement
nettoyée ». Huelin présente des peintures ayant
pour sujet des objets empruntés à la vie quotidienne,
souvent des meubles (fauteuils, lits, coussins) liés au corps,
provenant d'images de catalogues qu'il manipule et transforme par
ordinateur. Il crée ainsi un univers étrange et ambigu
où, paradoxalement, le corps n'a pas sa place. « Le
spectateur, qui dans le reflet devient lui-même partie de
l'oeuvre (É), est amené à bouger sans cesse devant
l'oeuvre comme devant un miroir », écrit Cäsar
Menz. Cette présence hypothétique du spectateur est
reprise sous la forme d'une installation vidéo dont le titre
est Egaré. Elle fait suite à l'installation vidéo
baptisée Nomade qui a été présentée
l'été dernier en Appenzell. Chaque moniteur montre
des images agitées de permanentes oscillations confrontées
à différents espaces sonores, composant de façon
fragmentaire une partition musicale. L'installation vidéo
vise ainsi à amplifier la désorientation déjà
induite par les peintures dans un face à face au cours duquel
le spectateur regarde des objets d'apparence tactiles mais interdits
d'accès.
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