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Exposition



du 5 mai au 1er juillet 2001

Jürg Kreienbühl
peintures

Première rétrospective en France de l'artiste bâlois installé en banlieue parisienne : une soixantaine d'oeuvres racontent les banlieues et les bidonvilles, les bords de mer industriels et les centrales nucléaires, les trésors à l'abandon du Museum d'Histoire naturelle et la vie des immigrés et marginaux que le peintre a côtoyés .

entrée libre au 38, rue des Francs-Bourgeois 75003 Paris
de 14h à 19h sauf lundi et mardi


au CCS vendredi 28 septembre 2001 à 20h30
Kreienbühl et la ville des laissés pour compte


Les mondes perdus de Jürg Kreienbühl
Quand le jeune Jürg Kreienbühl (1932), peintre en bâtiment et boursier venu de Bâle, arrive pour un premier séjour dans le Paris de 1955, il ignore l'art établi et parcourt à bicyclette les banlieues : Colombes, Argenteuil, Sartrouville, Gennevilliers, Nanterre. Il se fixe en 1958 à Bezons, dans un autobus sans roues acquis avec l'aide des gitans. C'est là, dans les bidonvilles, qu'il recrute ses modèles, qu'il extrait l'humanité qui nourrit sa peinture. Vers 1974, il découvre le monde du Jardin des Plantes et s'y enferme de longues années, fasciné par les crânes, les ossements, ce qui flotte dans les bocaux. « Je ne peins que ce que je vois », dit-il, et cela en dit long, comme Le Cimetière de Neuilly reproduit au recto. « Jürg Kreienbühl n'accomplit pas seulement un travail de peintre qui analyse et recompose ce qui est observé. C'est une transfiguration qu'il opère, un droit à la parole et à l'existence qu'il donne aux mondes disparus, note Héléna Bastais, commissaire de cette exposition du CCS. Jamais positionné en juge, Kreienbühl constate, nous ouvre les yeux. Chacune de ses peintures est une histoire en soi, il suffit pour le comprendre d'entendre l'artiste raconter la vie de ses modèles et amis, comme Abbès ben Hassen, Algérien qui vivote dans un tunnel désaffecté à La Défense après l'échec de son mariage avec une Danoise, personnage que Kreienbühl a rencontré lorsqu'il peignait Le Monument de la Défense. C'est cela sa peinture : une obsession inassouvie de rendre la vie. "Chaque tableau que je peins, dit-il, m'empêche au fond d'en commencer un autre". ».

 

Le cimetière de Neuilly, 1981-2000, vinyl sur toile, 125 x 90 cm

en marge de l'exposition

au CCS vendredi 28 septembre 2001 à 20h30
Kreienbühl et la ville des laissés pour compte


Acteurs et témoins évoquent la communauté portugaise des bidonvilles, à partir des peintures de Jürg Kreienbühl qui racontent ce monde disparu. Rencontre avec Jürg Kreienbühl, José Vieira, cinéaste, Manuel de Sousa, communauté portugaise de Bezons, Pierre Alexandre Bourson, ancien Maire de Carrières-sur-Seine, João Machado, Président du Collectif d'études et de dynamisation de l'émigration portugaise. Soirée organisée par Isabel Lopes Cardoso, historienne d'art et boursière la FCT (Portugal).

 

Maurice à table, 1972, vinyl 130 x 122 cm (collection privée)


en complément à l'exposition du CCS

Jürg Kreienbühl, estampes anciennes et modernes
du vendredi 28 septembre au samedi 20 octobre 2001


Chez Arsène Bonafous-Murat, 15 rue de l'Echaudé, 75006 Paris, tél. 01 46 33 42 31. Un catalogue est publié à l'occasion de l'exposition.).


Jürg Kreienbühl biographie

 

1932
Naissance à Bâle

1943
La famille se réfugie dans le centre de la Suisse chez un oncle fermier.

1944
Retour à Bâle. Au lycée, il se passionne pour les sciences naturelles et construit lui-même son propre microscope. Dessine et peint en même temps.

1948
Premier travail scientifique avec le professeur Hans Noll, ornithologue suisse. Examine 3000 «pelotes» de rapaces de différents endroits de la Suisse. Voyage en Italie.

1949
Suit les cours de physiologie/microscopie à l'université de Bâle. Dessine et lit beaucoup : Schopenhauer, Nietzsche, Platon. Voyage en Italie.

1950-;51
Abandonne la voie scientifique et s'inscrit à l'école des beaux-arts de Bâle.

1952
Ses professeurs lui conseillent d'apprendre un métier. S'engage dans une entreprise renommée de peintre en bâtiment où il apprend à faire du faux bois et différentes sortes de marbre, ainsi que toute la technique de la peinture.

1954
Fin de l'apprentissage et obtention du diplôme. Voyage en Hollande.

1955
Travaille librement comme artiste peintre. Ses sujets sont des tas d'ordures, des déchets, des cadavres.

1956
Première exposition dans une maison abandonnée à Bâle. Obtient une bourse de la ville de Bâle et vient s'installer dans la banlieue parisienne à Colombes.

1957
Prolongation de la bourse. Continue de peindre des cimetières de grand format et des décharges.

1958
Faute de moyens, retourne à Bâle. Expose dans une maison en voie de démolition. Ne trouve pas de galerie mais vend quelques toiles et rentre en France. S'installe dans un bidonville à Bezons et achète un viel autobus.

1959-;61
Peint les habitants du bidonville : Arabes, Gitans et Polonais. Exposition à Bâle.

1962-;63
Achète un petit appartement à Argenteuil et se marie. Quitte le bidonville et s'installe dans un «atelier- roulotte» sur un terrain vague à Carrières-sur-Seine.

1963
Naissance de son fils.

1965
Peint la série de tableaux sur «Maurice l'infirme».

1966-;68
Achète une maison paysanne à Cormeilles-en-Parisis. Voyage en France. Peint en Normandie et au Havre. Expose en Suisse : Zurich, Berne et Bâle.

1969`
Installe son atelier dans une baraque prêtée par la Mairie dans un bidonville à Carrière-sur-Seine.

1970-;72
Peint le bidonville portugais et des paysages urbains.

1973
Grande rétrospective au musée des beaux-arts d'Aarau : 200 tableaux, pastels et dessins.

1974
Première peinture au Jardin des Plantes : « Hommage à Cuvier ». Séjourne plusieurs mois à Herisson, dans l'Allier, d'où il rapporte plus de 30 toiles.

1975
Peint dans une ancienne usine qui fabriquait autrefois des saints d'église en terre cuite.

1976
Grande exposition à la galerie du Luxembourg, aujourd'hui galerie Alain Blondel. Exposition à Zurich.

1977
Destruction du bidonville de Carrières-;sur-;Seine. Aménage son atelier dans sa maison à Cormeilles.

1978-;79
Peint au Havre une série de toiles sur la pollution et sur le paquebot Le France. Exposition à la galerie Alain Blondel à Paris.

1980
Travaille au chantier de La Défense où il peint plusieurs tableaux sur le monument de La Défense du sculpteur Barrias abandonné dans un terrain vague. Expositions à Bâle, Zurich et Neuchâtel.

1982-92
Découvre la Galerie de Zoologie au Jardin des Plantes où il peint une suite de toiles : «Hommage à la Galerie de Zoologie». Exposition au Jardin des Plantes en 1985.

1985
Exposition au musée des beaux-arts d'Aarau avec plus de 250 tableaux, dessins, gravures et lithographies.

1986
Exposition «Hommage à la Galerie de Zoologie» au musée d'Histoire naturelle de Lausanne.

1988
Peint au musée nationale d'Histoire naturelle de Bâle.

1989-;92
Durant l'été, il travaille dans la brasserie Warteck à Bâle.

1992
Travaille de nouveau au musée d'Histoire naturelle de Bâle. L'hiver, il se consacre à l'estampe dans son atelier de gravure et de lithographie à Cormeilles-en-Parisis.

1993
Peint des paysages suisses et des portraits, et travaille à la gravure à Cormeilles.

1994
Rencontre avec le sculpteur Bernhard Luginbühl. Il commence à peindre une série de tableaux dans le jardin enchanté de Luginbühl.

1995
Kreienbühl peint des portraits et des paysages autour de Paris. En été, séjour chez Luginbühl. Il commence à peindre des montagnes suisses.

1996
Paris, gravure et lithographie dans son atelier de Cormeilles. Dernier séjour chez Luginbühl. S'installe au «Moulin Hunziken» près de Berne. Plusieurs tableaux de montagnes.

1997
Travaille à Gravelines, peint la centrale nucléaire et le port de Dunkerque. Tout l'hiver, il travaille à la gravure dans son atelier de Cormeilles.

1998
Rétrospective de son oeuvre gravé et lithographié au musée du dessin et de l'estampe à Gravelines, puis à Olten en Suisse. Exposition au musée d'Aarau. Travaille à son livre : «Peinture de la passion».

1999-2000
Travaille au Musée des monuments français, Paris.

1999&-2001
Travaille à la brasserie Rheinfelden, Suisse.

 

La Galerie de Zoologie, Ç J'accuse È, 1983-1985, vinyl, 195 x 162 cm
(collection du Museum d'histoire naturelle ˆ Paris)


Jürg Kreienbühl expositions

1956 Première grande exposition dans une villa à l'abandon, Bâle

1958 Exposition dans la même villa, Bâle

1959 Galerie Ardail Castro, Paris

1960 Galerie Dr. Franz Gerhard, Bâle

1965 Galerie Rotapfel, Zurich

1966 Exposition à Bâle

1969 Expositions à Zurich et à Berne

1970 Art'70, Bâle

1971 Galerie 2016, Neuchâtel Les Suisses de Paris, Musée des beaux-arts, Aarau Galerie Rotapfel, Zurich Art'71, Bâle

1973 Musée des beaux-arts, Aarau

1976 Galerie Scheidegger, Zurich

1978 Galerie Scheidegger, Zurich

1979 Galerie Rotapfel, Zurich Galerie Alain Blondel, Paris Galerie «zem Specht», Bâle

1980 F.I.A.C., Paris

1981 Expositions à Zurich et à Neuchâtel F.I.A.C., Paris Le dessin suisse de 1970 à 1980, Musée Rath, Genève

1982 Galerie Alain Blondel, Paris Salon de mai, Paris Salon Comparaisons, Paris Salon des Indépendants, Paris Wayne Gallery, Chicago et New York Galerie « zem Specht », Bâle

1985 Jardin des Plantes, Paris Musée des beaux-arts, Aarau

1986 Musée d'Histoire naturelle, Lausanne

1987 Musée de Dieppe Galerie «zem Specht», Bâle

1992 Galerie Wolsberg, Zurich La nature et son musée, Musée d'Histoire naturelle, Bâle

1992-93 Musée des beaux-arts, Bâle

1994 Château Ebenrain Sissach, Bâle-Campagne Hommage à Bâle, Berowergut Riehen (Bâle) La ville, Centre Pompidou, Paris

1998 L'oeuvre gravé et lithographié 1952-1997, Musée de Gravelines ; puis Hôtel de ville, Olten

2001 Centre culturel suisse, Paris Estampes anciennes et modernes, chez Arsène Bonafous-Murat, Paris

 


Jürg Kreienbühl bibliographie

1971

Les Suisses de Paris, catalogue du musée des beaux-arts, Aarau. Texte de Heiny Widmer.
La banlieue, catalogue de la galerie 2016, Neuchâtel. Texte de Jürg Kreienbühl.

1973
Jürg Kreienbühl, catalogue du musée des beaux-arts, Aarau. Texte de Heiny Widmer.

1976
La Sainterie, catalogue publié par E.Scheidegger, Zurich. Texte de Jürg Kreienbühl.

1982
Jürg Kreienbühl, catalogue de la galerie «zem Specht», Bâle. Texte de Heiny Widmer.

1985
Jürg Kreienbühl : dessins, pastels, œuvre gravé, 1951-1984, catalogue du musée des beaux-arts, Aarau. Texte de Beat Wismer.

1987
Les éléphants sont parmi nous, catalogue du musée de Dieppe

1988
Le monde merveilleux de la Galerie de Zoologie, catalogue du musée national d'histoire naturelle, Paris, édité par la galerie «zem Specht» (Bâle). Textes de Léonard Ginsburg, Prof. Carl Gans, Aurel Schmidt, Jürg Kreienbühl.

1992
Pochades, catalogue du Kunstsalon Wolfsberg, Zurich. Texte de Jürg Kreienbühl.
La nature et son musée, catalogue du musée d'histoire naturelle, Bâle. Texte de Aurel Schmidt.

1993
La vision, catalogue du musée des beaux-arts, Bâle. Préface de Dieter Koepplin, texte de Jürg Kreienbühl.

1994
Participation au catalogue La ville, Centre Pompidou, Paris.

1998
L'oeuvre gravé et lithographié 1952-1997, catalogue du musée de Gravelines.Textes de Dominique Tonneau-Ryckelynck, Peter Killer, Jürg Kreienbühl.
Jürg Kreienbühl, peinture de la passion, éditions Frierich Reinhardt, Bâle. Textes de Chistoph Stutz,
Jürg Kreienbühl, Heiny Widmer, Georg K. Glaser, Prof. Carl Gans, Léonard Ginsburg, Aurel Schmidt, Dr. A. Hofmann. 2

 

La Grande Arche, 1991, pastel, 80 x 160 cm (collection privée)


Archives

quelques reflets dans la presse au sujet d'expositions présentées dans nos murs :

 

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