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exposition proposée par attitudes (genève)

 27 janvier au 9 avril 2000
 ouvert du mercredi au dimanche de 14 à 19 heures

 


pulsions


une nouvelle génération de plasticiens explore le corps

 Judith Albert, Emmanuelle Antille, JOKO, Chantal Michel, Elena Montesinos, 
 Nathalie Novarina, Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger, Alexia Walther, 
 Pascale Wiedemann et Esther Eppstein (message salon)


 Stories
 nuit de films et vidéos samedi 
 19 février de 22 heures à 3 heures 

 Vibrations
 nuit de concerts, performances, mix 
 samedi 11 mars à 21 heures 
 Les Reines Prochaines et invités, Ibrahim Gonzalez, Elena Montesinos et dj's.

 catalogue pulsions
 format A6, 96 pages, couleur. Co-édité et diffusé par CH (Creatio Helvetica)
 Prix: 30 francs suisses
 

 des images de notre exposition sur le site de tv-art.net 



 

Pulsions

Le choix d'attitudes s'est volontairement porté sur des artistes relativement peu connus à l'étranger, qui travaillent avec des outils aussi divers que la photographie, la vidéo, l'installation, la peinture murale, la sculpture, l'informatique, le son, la performance u les dispositifs relationnels. Certains agissent seuls, d'autres en collaboration ponctuelle ou permanente. Les oeuvres sélectionnées ou réalisées pour l'exposition explorent le corps humain à travers les notions d'intimité, de sensualité, d'identité(s), de transformation, ou l'analyse de manière plus détachée en s'attachant aux codes sociaux, à la réalité virtuelle ou à l'altération de la perception. 

Plusieurs événements ponctuels jalonnent l'exposition. Deux performances enrythment le vernissage: un face à face tendu du duo JOKO et un zapping mouvementé de Yan Duyvendak. Une première nuit, intitulée Stories, est consacrée à une programmation de films et vidéos d'artistes qui s'ingénient à raconter des histoires. La seconde, Vibrations, permet de découvrir des artistes qui transgressent allègrement les frontières entre les disciplines: Les Reines Prochaines -en formation enrichie pour l'occasion - dans un spectacle musical, le duo Ibrahim Gonzalez dans un live de suprafree jazztech avec projections d'images. Cette nuit se poursuit hors les murs du CCS en compagnie de plusieurs dj's conviés par Elena Montesinos. 

Le message salon d'Esther Eppstein permet quant à lui de découvrir successivement six artistes invités par Esther Eppstein. Au terme de son séjour, chacun des artistes proposera une exposition de son travail, inaugurée le jour de son finissage.

L'exposition Pulsions et le catalogue qui l'accompagne bénéficient du soutien de la Ville de Genève, du Canton de Genève, du Canton des Grisons, du Canton d'Obwald, de la Fondation de famille Sandoz, de la fondation Ernst Göhner, de la Fondation Alfred Richterich et du partenariat du quotidien Le Temps.

 


Alexia Walther - sans titre - 1999

 programme message salon - Paris 2000

Laurent Goei: 26.1 - 30.1

San Keller: 2.2 - 13.2

Saskja Rosset: 16.2 - 27.2

Jörg Köppl & Peter Zacek: 1.3 - 12.3

Franziska Koch: 15.3 - 26.3

Selina Trepp: 29.3 - 9.4

 


Esther Eppstein - Message salon

Pulsions - les artistes

Judith Albert (1969, Zurich)
Scène 1: une silhouette verticale floue émerge d'un paysage incertain, vibrant. Un pêcheur solitaire en Inde. 

Scène 2: des oiseaux cherchent à se poser sur une cheminée. Lorsque l'un d'eux y parvient, ce n'est que pour un bref instant avant que ne recommence la lutte, ou le jeu. 

Scène 3: des formes mouvantes, multicolores, concentriques. Un sol jonché d'objets, filmé pas à pas à travers le fond d'un verre.

Scène 4: deux bras tendus, parallèles, les paumes ouvertes orientées vers le bas, avancent sur fond de paysages montagneux. Des métaphores de la liberté, du couple, d'une compétition? 

A travers ce langage poétique, Judith Albert explore, dans ces quatre " haïkus " filmés comme dans l'ensemble de ses vidéos, les rapports que l'individu entretient avec son environnement, avec les autres et avec lui-même.


 



Judith Albert
-  sans titre (haiku 4) - 1999

 

Emmanuelle Antille (1972, Lausanne)
Sur trois petits moniteurs apparaissent des vues d'une habitation qui semble être constamment sous surveillance filmée, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Par intermittence, ces images monocolores sont entrecoupées de gros plan sur le corps d'une jeune femme vêtue de rouge. Soudain elle sort sur un balcon, se penche vers une branche d'arbre en mouvement et la caresse comme pour la calmer. La scène se développe entre instant présent et flashback - vécus ou fictifs? En se mettant fréquemment en scène elle-même, et par l'intermédiaire de son personnage Blood Sister, Emmanuelle Antille analyse certains aspects du fonctionnement mental de l'être humain, tels que la schizophrénie, la recherche d'une confiance en soi, ou encore les failles de sa mémoire.


Emmamnuelle Antielle - Closed TV Circuit, 1999 - extrait vidéo

 

Esther Eppstein (1967, Zurich) 
Un projet artistique - message salon - pensé comme une plate-forme de rencontres et de découvertes: pour Esther Eppstein, " message salon est autoportant et indépendant, son réseau social est son capital ". A Zurich, entre 1996 et 1997, 49 vernissages se sont succédé en 19 mois dans un local donnant sur la rue et situé le quartier des take away et des salons de massage. L'arcade fut tour à tour espace d'exposition, bar, aire de pique nique, vidéo club, jardin d'enfants, boîte techno ou café philosophique. Ruche accueillant une population bigarrée, message salon s'est ensuite développé ponctuellement dans divers autres lieux, ainsi que dans une caravane itinérante. Au CCS, Esther Eppstein aménage un salon de thé, un centre de documentation et un club vidéo, et invite succesivement six artistes à investir sa salle.

 

JOKO (Karin Jost, 1966 & Regula J.Kopp, 1968 ; Zurich) 
Sous le nom de JOKO, Karin Jost et Regula J. Kopp réalisent depuis 1995 des performances en duo qui portent le titre générique de " connected ". Au cours de  actions, elles explorent les limites physiques et psychiques de l'être humain. Karin Jost et Regula J. Kopp se mettent en scène la plupart du temps face à face, avec un minimum d'accessoires. Elles testent des notions telles que résistance, tension, provocation, désir, dégoût. L'intensité, voire la violence qui s'en dégage, alliées à une composition visuelle percutante - qu'elles n'hésitent pas à comparer à un combatde boxe - interpellent nos sens et notre conscience. Elles conçoivent chacune deleurs actions à partir des spécificités d'un contexte spatial et culturel donné. Unesélection de photographies noir et blanc de leurs performances les plus significativessont intégrées à l'exposition, pour laquelle elles réalisent une performance inéditependant le vernissage. 
JOKO

 

Chantal Michel (1968, Thoune)
L'outil de prédilection de Chantal Michel est son propre corps qu'elle met en scène lors de performances, dans des oeuvres photographiques et des vidéos. A partir descaractéristiques d'un lieu déterminé, elle compose une dramaturgie, choisit desvêtements, des perruques, un maquillage, et prend des poses surprenantes. Elleaffectionne tout spécialement les contextes chargés d'histoires, propres à développerles fantasmes. Le style architectural, l'esthétique des papiers peints, la transparencedes rideaux, la texture des tapis, l'emplacement du mobilier, la fonction des objets,ou encore l'aspect brut du béton, tout lui inspire des scénarios, des jeux d'osmose oude rupture, des tableaux drôles, incongrus, sensibles et déroutants. Actrice, acrobateou mime, elle se transforme en plante verte parmi de vraies plantes, se débat telleune furie, se fige comme une sculpture dans un décor luxueux, ou ne faitqu'apparaître telle une image diaphane.


Chantal Michel - Fälle von Verschwundenem oder Übriggeblievbenem - 1999, photographies, 110 x 110 cm

 

Elena Montesinos (1971, Genève) 
Les interventions d'Elena Montesinos se situent aux confins de l'art visuel, de lamusique et de l'action collective. Immergée dans la culture technoïde, elle agit surou avec des objets contemporains tels que jeux Nintendo, distributeurs automatiques,masques à oxygène, systèmes d'alarme ou énergie électrostatique. Ses oeuvres n'entrent pas dans des registres prédéfinis et sont peu visuelles. Elles jouent surl'altération de la perception et l'effet de surprise. Elena Montesinos tourne en dérision les technologies conçues pour améliorer le rendement en les transformant en instruments de jeu et de plaisir. Au CCS, ses petites actions visuelles, sonores ou olfactives sont déclenchées automatiquement par les visiteurs, et créent un " train fantôme " sensoriel à travers le bâtiment.

 

 
Nathalie Novarina (1967, Versoix)
Nathalie Novarina observe la figure humaine à travers des stéréotypes popularisés parles jeux informati-ques, les aliments de fantaisie, le cinéma de série B ou les jouets. Elle les transforme, les détourne de leur usage initial pour les intégrer dans des vidéos, des photographies ou des installation participatives. A première vue, l'esthétique de ses objets, dont le fonctionnement est souvent ludique, est facile à appréhen-der. Cependant, le propos qu'ils véhiculent touche des notions sensibles et profondes, comme la sexualité, l'attachement, les esprits de l'au-delà ou notre rapportà la nourriture. Dans son installation intitulée "The mental surgery project ", elle s'approprie le personnage d'une fillette découvert dans un jeu informatique pour créer une vidéo " relationnelle " que l'on est appelé à utiliser en automédication comme "un traitement préventif et curatif pour le corps et l'esprit ". 


Nathalie Novarina - Then mental surgery project, 1999, extrait vidéo

 

Jörg Lenzlinger & Gerda Steiner (1967 & 1964, Uster)
Dans leur pratique individuelle respective, Gerda Steiner occupe les espaces par degrandes peintures murales multicolores, organiques et sensuelles, alors que JörgLenzlinger s'attache à réaliser de fragiles sculptures évolutives issues des réactions chimiques obtenues la plupart du temps à partir de solutions salines. Lorsqu'ils travaillent ensemble, leurs créations débridées et pleines d'humour peuvent prendre la forme de stands de tire forains, de recettes culinaires, de jardins luxuriants mi-artificiels mi-naturels, ou de visites guidées fantaisistes. Pour Pulsions, ils réalisent un paysage composé d'une grotte imaginaire peinte à même le mur et d'un lac salé s'étendant devant elle comme une immense langue sauvage. Tout au long del'exposition, des cristaux grandissent librement  sur les rives du lac. 

 


Jörg Lenzlinger & Gerda Steiner - Les maux de dents du Romantisme - installation - 2000

 

Alexia Walther (1974, Genève) 
Chaque photographie d'Alexia Walther est minutieusement composée: ses acteurs ont pris la pose, le mobilier a été soigneusement choisi et les verres à moitié vides sont exactement posés là où ils doivent être. Tel l'instantané d'un tournage de film ces images pourraient permettre au metteur en scène, au décorateur ou à l'éclairagiste de reprendre la scène là où elle a été stoppée. Cependant la suite appartient exclusive-ment à l'imaginaire fécond du spectateur. Pour Alexia Walther, une photographie est l'aboutissement d'un long processus de recherche psychologique, de coordination logistique et de composition esthétique jusqu'à l'obtention d'une image tendue qui condense une narration complexe.

 

 


Alexia Walther - La party

photographie, 130x160 cm

 

 Pascale Wiedemann (1966, Zurich) 
 Dans les œuvres de Pascale Wiedemann coexistent toujours un dehors et un dedans, une carapace et son contenu. Parfois, le visiteur est appelé à se glisser dans l'installation en traversant des matières synthétiques (plastique transparent) ou naturelles (sous-vêtements en coton). Il pénètre alors dans un univers intime, souvent habité par des vidéos dans lesquelles l'artiste se livre à des gestes précis, lents,presque des rituels. Ailleurs, le spectateur est confiné à l'extérieur. Il lui reste alors àdécrypter les signes brodés à même une fragile paroi de cellophane. Ces mots et ces objets évoquent les mondes animal et végétal, des instruments hospitaliers, unensemble de souvenirs enfouis dans la mémoire. Pascale Wiedemann intervient sur cette légère pellicule qui à la fois protège et sépare l'individu des agressions de l'environnement extérieur, de l'autre.

 

 
Yan Duyvendak (1965, Genève) Depuis sa création en 1994, attitudes a souvent collaboré avec Yan Duyvendak. Unede ses prestations les plus marquantes fut  sans doute la performance qu'il réalisa au vernissage de l'exposition " Cabines de bain " (1996), où, seul, il chanta a cappella dans une piscine olympique vide, avec le public tout autour. Pendant le vernissage, il présente - en dialogue avec une télévision - sa dernière performance intitulée " Unesoirée pour nous ? ".   

plus sur l'exposition sur le site d'attitudes


Archives quelques reflets dans la presse au sujet d'expositions présentées dans nos murs :
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