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 cinéma


dimanche 18 octobre 1998 à 15h, 17h, 19h

Le cinéaste Marcel Schüpbach et la littérature

projections en présence de Marcel Schüpbach

dimanche 18 octobre

à 15h00

LittéraTour de Suisse romande 6 portraits d'auteurs suisses romands réalisés par Marcel Schüpbach

à 17h00

Les Agneaux 1996 - 90 mn. - vo fr. - couleur

 

à 19h00

L'Allégement 1983 - 80 min. - vo fr. - noir-blanc

 

 


Les Agneaux 1996 - 90 mn. - vo fr. - couleur

Scénario: Marchel Schüpbach, Pascal Bonitzer, d'après le roman d'Ania Carmel - éd. Bernard Campiche) - Image: Denis Jutzeler - Son: Jean-Louis Ughetto, Henri Roux - Montage: Bruno Zincone - Avec: Richard Berry (le père), Brigitte Roüan (la mère), Julia Maraval (Marie), Alexis Tomassian (Daniel), Noémie Kocher (Nadia), Geneviève Pasquier (la prof. de français),Antoine Basler (J. Lemestre), Roger Jendly (fromager), Christine Rossigneux (fromagère)... - Coproduction: Jean-Marc Henchoz, Galatée Films, France 3, Télévision suisse romande - Prime à la qualité du Département Fédéral de l'intérieur - Sélection suisse festival du film francophone de Namur 1996 - Sélection suisse Oscar du meilleur film étranger, 1997

Notre père est un homme des bois égaré dans la ville. Il a jeté tous les meubles de notre chambre par la fenêtre sous le coup de la colère. Notre père nous réveille au milieu de la nuit pour nous précipiter l'un contre l'autre comme des coqs de combat. Notre père a un grand couteau caché dans sa botte. Un jours sûrement il s'en servira. Notre père s'est mis dans la tête que maman était en pleine forme. Elle ne pèse plus qu'une quarantaine de kilos, ses joues sont creusées, ses yeux dévorés par la fièvre. Notre père ne comprend pas qu'on aille mal. Il n'est jamais malade. Il engloutit, il rugit, il copule, il éructe. Notre père voudrait qu'on lui ressemble. Mais notre père ne ressemble à personne. Et personne ne voudrait lui ressembler. Signé: Daniel et Marie (Les Agneaux).

 

Les "Agneaux" aux dents pointues Richard Berry n'a jamais été aussi bon. Les deux enfants, Julia Maraval et Alexis Tomassian, sont beaux, graves, justes, jamais attendrissants. Le filmage est remarquable. Et même le décor, intérieurs nus, murs sans tableaux, ou extérieurs ternes (Schüpbach a tourné dans le Jura français, ce no man's land que les TGV traversent à toute allure) participent du malaise subtil, de la violence larvée qui sous-tend "Les Agneaux". Face à cette réussite, on déplore la rareté de Schüpbach.

Antoine Duplan (L'Hebdo, 7.3.1996)

 


L'Allégement 1983 - 80 min. - vo fr. - noir-blanc - Scénario: Marcel Schüpbach et Yves Yersin d'après le récit de Jean-Pierre Monnier (éd. Bertil Galland, Vevey, 1975) - Image: Hugues Ryffel - Son: Laurent Barbey - Musique: Michel Hostettler - Avec: Anne Caudry (Rose-Hélène), Anne-Marie Blanc (la grand-mère), Serge Avedikian (Valentin), Hanns Zischler (Diego), Fabienne Guelpa (Flore), Nicole Roüan (la mère), Roland Amstutz (le père), Janet Haufler (la malade), Henri Roulet (le vieillard), Serge Nicoloff (la voix du narrateur). - Production: Film et Vidéo collectif S.A., Film et Vidéo Productions S.A., Télévision Suisse Romande - Prime à la qualité du Département fédéral de l'intérieur - Prix du jury pour la photographie et Grand prix du jury des jeunes, Festival de Locarno 1983 - Outstanding film of the year, London Film Festival 1983

C'est un temps révolu, suscité par une veille femme tout au bout de sa vie. Passé de la mémoire inquiète, fixée sur l'énigme de Rose-Hélène, la petite-fille disparue pour avoir été jusqu'au bout d'elle-même. Dans le miroir ovale qui fait face au lit de la grand-mère surgissent les ombres. Qui a été Rose-Hélène ? Quel est ce feu qui la brûlait ? C'est un lieu fait d'espaces sans cesse parcourus et de quelques repères: la ferme familiale, avec l'unique lumière qui veille la nuit dans la chambre de la grand-mère, la cabane de Diego le brocanteur que Rose-Hélène rejoint pour l'oubli, la maison pasagère de Valentin, l'homme attendu et surgi comme un destin.

Du livre au film, une histoire d'amour

"Il y a des blancs, des silences dans mon livre, il y a du mystère de l'indicible, et il me semble que Marcel Schüpbach l'a compris. La lecture qu'il a faite est bonne; il a su passer des mots aux images, même s'il a inventé un bon nombre de scènes. L'adaptation du livre n'a pas été fidèle au sens propre du terme. Par exemple, la chronologie qui était bouleversée dans le livre a été rétablie dans le film; le livre finit par une scène dans la neige: impossible de la rendre dans le film, il n'y avait pas de neige à ce moment-là ! Mais ce que Schüpbach a su transcrire,c'est la musicalité intérieure du texte: J'ai aimé, dit M. Monnier, sa manière d'aller à l'essentiel, son souci de la forme, sa pudeur, son laconisme, sa sobriété, son sens de l'implicite. Pour un jeune cinéaste, voilà un début de carrière prometteur ! Ce film, je le placerais assez près des oeuvres que je préfère au cinéma, celles de Bergman, de Delvaux, de Bresson. Il y a là, pour moi, des compagnons de route, et ces hommes, parmi d'autres, en poésie par exemple, ces poètes en ont heureusement fini avec l'anecdote, l'intrigue bien troussée et même le drame. Pour eux, il s'agit de tout autre chose. D'une expression, et, si tout va bien, d'un style, en tout cas d'une vision des êtres et des choses. Et pour eux - pour moi aussi, pour Schüpbach aussi bien -, cette vision s'inscrit dans un cadre. Il s'agit de ce Jura secret des hauts plateaux où la moindre des lignes, des inflexions frappe aussitôt par sa nudité, par sa rigueur, et elle n'est pourtant pas dépourvue d'une tendresse qui finalement surprend dès qu'on a su en percevoir le caractère. Il y a là, non des barrières, non même pas des pièges, mais plutôt des indications, des signes discrets dans un pays discret, des allusions (et j'aime ce mot), et ces allusions dessinent quelque chose de ce qui demeure fondamentalement dans la passion, et peut-être même dans l'absolu."

Jean-Pierre Monnier, auteur de L'Allégement

 

A l'occasion de cette projection en présence de Marcel Schüpbach, Michel Simonot rendra hommage à Jean-Pierre Monnier, décédé en novembre 1997.


Le cinéaste Marcel Schüpbach

Originaire du Haut-Jura Neuchâtelois, Marcel Schüpbach se passionne depuis l'âge de 15 ans pour le cinéma. Il écrit alors sur le cinéma dans plusieurs journaux, avant de travailler comme technicien (opérateur, monteur), avant de tourner son premier court métrage en 1971 Murmure. Depuis, il réalise des longs métrages (L'Allégement, 1983 - Happy End, 1987 - Les Agneaux, 1996), plusieurs courts métrages dont Claire au pays du silence,Ler mite, Andomia, ainsi que de nombreux documentaires pour la Télévision suisse romande, notamment pour les émissions "Temps présent", "Tell Quell", "Viva". Il a réalisé à ce jour plus d'une vingtaine de reportages dont Violon Passion, grand prix FIPA d'Or du Festival international de programmes audiovisuels, Cannes 1988.

 

 

Marcel Schüpbach filmographie

pour le cinéma:

pour la télévision suisse romande:


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quelques reflets dans la presse de projections ayant eu lieu dans nos murs :