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 théâtre


jeudi 14 et vendredi 15 mai 1998 à 20h30

« Nouvelle lyrique » d'Annemarie Schwarzenbach

comédienne : Catherine Epars
mise en lecture : Anne Bisang
son : Pierre-Alain Besse
lumières : Ludovic Buter
une création de la Compagnie du Revoir
au Théâtre Saint-Gervais à Genève

Annemarie Schwarzenbach (notre photo des Archives littéraires suisses) est née en 1908 à Zurich dans une famille de la haute bourgeoisie. Milieu bien-pensant, rigide, bientôt favorable au IIIe Reich, que la jeune fille ne tarde pas à trouver irrespirable. Amie de Klaus Mann, d'Erika Mann, de Carson MacCullers, d'Ella Maillart qu'elle accompagna en Afghanistan en 1939 et qui, sans la nommer, parle longuement d'elle dans La Voie cruelle, elle laisse l'image d'une jeune femme androgyne, suicidaire, en révolte contre son temps. Selon ses propres termes, sa vie n'était qu'écriture. Elle meurt des suites d'un accident en 1942.

Voir aussi à propos de son roman : La Mort en Perse

« Nouvelle lyrique » : Dans le Berlin du début des années trente, un jeune étudiant qui hésite sur sa vocation, et que sa famille destine à une carrière diplomatique, se trouve arraché à son train de vie bourgeois par la rencontre d'une chanteuse de cabaret. Celle-ci ne s'appelle pas pour rien Sibylle : à la suite de cette figure énigmatique, le narrateur découvre la vie nocturne de la ville et plonge dans un univers cosmopolite fait d'inquiétantes rencontres et de fuites incessantes que l'écriture d'Annemarie Schwarzenbach restitue en de brefs chapitres puissamment évocateurs. Paru en 1933, ce court récit d'atmosphère montre la voie d'un "lyrisme" narratif dépouillé, à l'opposé des grandes fresques romanesques de l'époque. La date de sa publication lui confère une aura supplémentaire : il sonne le glas pour le Berlin cosmopolite sur lequel va s'abattre le nazisme.

Emmanuelle Cotté (traductrice) et les éditions Verdier

« Le premier jour, je me rendis très tard au théâtre et décidai de ne pas attendre Sibylle. Il y avait beaucoup de monde. J'eus du mal à gagner ma place habituelle.

Fred et Ingo dansaient sur scène. Ils jouaient le même numéro depuis trois mois, mais c'était partout ainsi, et ils avaient toujours du succès.

Ce qu'ils faisaient leur était complètement indifférent, on leur faisait apprendre les danses et ils s'entraînaient consciencieusement. Toute leur prestation ne visait qu'à faire la preuve de leur adresse, de leur travail ou de leur jeunesse. Je les trouvais ennuyeux tous les deux, mais je compris qu'ils étaient puérils et pleins de charme, et que c'était partout la même chose et, la nuit, toute la ville était remplie de salles éclairées que l'on aménageait avec éclat et où se montraient de beaux jeunes gens. Tout était bien organisé, terriblement bruyant et coloré, et cela n'avait rien à voir avec l'Art ou avec des émotions plus profondes. C'était une monstrueuse course dans le vide, et les êtres les plus affairés étaient d'une inertie étrangement bornée. Mais cela n'avait probablement aucun sens de combattre cette tendance, les gens n'étaient pas capables d'un véritable progrès."

Annemarie Schwarzenbach, "Nouvelle Lyrique"

Catherine Epars, comédienne Formation d'actrice à l'Institut National Supérieur des Arts du Spectacle (INSAS), Bruxelles 1984-1987. Participe à plus de vingt spectacles depuis 1986 en France, en Belgique et en Suisse sous la direction de Serge Tranvouez, Didier-Georges Gabily, Isabelle Pousseur, Philippe Mentha, Charles Joris, Denis Maillefer, André Steiger, Michel Voïta et Anne Bisang. Principaux rôles : Sylvia dans Le jeu de l'amour et du hasard de Marivaux ; Alice dans Les voisins de Vinaver ; Ysé dans Le Partage de Midi de Claudel ; Clytemnestre dans l'Orestie d'Eschyle ; Annemarie Schwarzenbach dans Annemarie Schwarzenbach ou le mal du pays d'Hélène Bezençon.

Anne Bisang, metteur en scène Formation à l'Ecole Supérieure d'Art Dramatique du Conservatoire de Genève (ESAD) 1983-1986. Fonde la Compagnie du Revoir en 1986 et dirige les créations suivantes : W.C. Dames, Les femmes et les enfants d'abord, Gouttes dans l'océan de R.W. Fassbinder, Tableau d'une exécution de H. Barker, Annemarie Schwarzenbach ou le mal du pays d'Hélène Bezençon. En dehors de la Compagnie du Revoir, elle monte notamment : Dona Juana d'Anca Visdei, La matriarche de G. Léautier, Le Mensonge, Le Silence et C'est beau de Nathalie Sarraute. Elle signe également plusieurs mises en lecture de textes contemporains.


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quelques reflets dans la presse de spectacles présentés dans nos murs :