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 littérature


vendredi 13 novembre à 20h30

« Le Voyage en Suisse », de C.laude Reichler et Roland Ruffieux et un Hommage à Frank Jotterand

 

« Le Voyage en Suisse », de Claude Reichler et Roland Ruffieux Présentation: Robert Kopp - Lecture: Éléonore Hirt.

Le voyage en Suisse. Anthologie des voyageurs français et européens de la Renaissance au XXème siècle, Paris, Éditions Robert Laffont (coll. Bouquins), 1998.

Édition établie et présentée par Claude Reichler, Professeur à l'université de Lausanne, et Roland Ruffieux, Professeur honoraire aux universités de Lausanne et Fribourg. Avec introductions, notices biographiques des voyageurs, chronologie, bibliographie, index des personnes et des lieux, cartes.

 

«Jules César, en traçant des Helvètes le portrait d'un peuple obstiné, assez fruste, mais doué d'un grand courage guerrier, a fixé un cliché qui a prévalu jusqu'à l'Âge classique.

C'est le siècle des Lumières qui a créé le mythe suisse. Terre d'accueil pour les protestants chassés de France, pays mis à la mode par les voyageurs anglais, la Suisse se transforme en véritable Arcadie sous la plume de Rousseau et de ses contemporains. Aux vielles monarchies européennes, elle oppose l'image d'une démocratie primitive, d'une communauté de bons sauvages. Tous les voyageurs ne sont pas victimes de ce rousseauisme naïf: certains dénoncent la cupidité que cache une prétendue bonté naturelle, l'ignorance et le conservatisme qui s'abritent derrière la célébration de la simplicité.

Ce livre retrace les transformations du mythe suisse, de l'Antiquité à nos jours, à travers le témoignage de voyageurs venus du monde entier. Montaigne répond à Érasme, Rousseau dialogue avec Voltaire, Goethe donne la réplique à Gibbon, Tolstoï est relayé par Dostoïevski, Nietzsche et Hermann Hesse. Aux évocations de paysages, à la description des m¤urs, succèdent les analyses politiques. Sont ainsi présentés, à travers les textes de près de 250 auteurs, tous les aspects qui caractérisent cet étrange petit pays, situé au c¤ur de l'Europe, mais qui, paradoxalement, a souvent été imaginé comme une île».

 


vendredi 13 novembre à 20h30

Hommage à Frank Jotterand - avec la participation de: François Nourissier, Georges Borgeaud et Jean-Pierre Moulin - lecture: Éléonore Hirt.

Présence de Franck Jotterand, Lausanne, L'Age d'Homme, 1997.

Recueil de textes de Franck Jotterand choisis et présentés par Jean-Pierre Moulin. Témoignages et hommages de Georges Borgeaud, Charles-Henri Favrod, Bertil Galland, André Kuenzi, Jean-Pierre Moulin, François Nourissier et Henri-Charles Tauxe.

 

Sort cruel que celui de Jotterand - journaliste, écrivain, puis directeur du théâtre Vidy-Lausanne - depuis ce jour de 1981 où un accident de la route l'a tragiquement privé de la possibilité d'écrire et de penser. Ses amis - dont François Nourissier, Georges Borgeaud et Jean-Pierre Moulin, qui a réuni en ce livre paru à l'Age d'Homme un choix de textes du journaliste, de l'essayiste et de l'auteur de théâtre sous le titre Présence de Franck Jotterand - ont voulu, au cours de cette soirée, rappeler les riches heures de la Gazette littéraire, brillant supplément culturel de la Gazette de Lausanne dont Jotterand fut le grand patron, élargissant l'horizon de toute la génération d'après-guerre, reliant la Suisse française à la France, bien sûr, mais aussi à la Suisse alémanique, aux pays de l'Est et à l'Amérique dont il sera l'un des premiers à révéler le nouveau théâtre, celui du Living Theatre et de Bob Wilson.


Éléonore Hirt (lectrice) Née à Bâle, elle crée très tôt à Paris Noces de sang, de Lorca, avec Germaine Montero, et La sauvage, de Jean Anouilh, avec Ludmilla Pitoëff, avant d'être engagée par le Schauspielhaus de Zürich. De retour à Paris, elle joue dans la compagnie Renaud-Barrault (Hamlet traduit par Gide et L'État de siège, de Camus, avec Madeleine Renaud et Maria Casarès) puis à Marigny, sous la direction de Louis Jouvet, et au Sarah-Bernhardt, sous celle de Charles Dullin. Avec Jean-Marie Serreau, elle fonde le Théâtre de Babylone, à la fois salle de spectacle, salle de musique et galerie d'art, où se crée En attendant Godot et où elle joue Mademoiselle Julie, dans la traduction de Boris Vian (avec François Chaumette puis Michel Piccoli). Malgré la fermeture du Babylone, elle continue à collaborer avec Serreau (Brecht, Arrabal, Ionesco et Beckett, dont ils montent Comédie avec Delphine Seyrig et Michael Lonsdale). Elle crée la seule pièce de Jouhandeau, Léonora ou les dangers de la vertu et, au T. N. P., incarne Hécube dans Les Troyennes (texte français de Sartre), sous la direction de Cacoyannis et aux côtés de Georges Wilson. Éléonore Hirt s'attache à révéler des ¤uvres de contemporains, en particulier de Thomas Bernhard, sous la direction de divers metteurs en scène, dont Roger Blin. Elle joue actuellement au Théâtre de la Bastille dans Demi-jour, mis en scène par Jean-Marie Patte.

 

Robert Kopp est professeur de littérature française à l'Université de Bâle, critique littéraire et collaborateur aux Éditions Laffont.

François Nourissier est écrivain et Président de l'Académie Goncourt.

Georges Borgeaud est écrivain. Prix Renaudot 1974, il est notamment l'auteur de Le Préau (Paris, Gallimard, 1952), Le Voyage à l'étranger (Paris, Grasset, 1974) et, plus récemment, Millefeuilles (Lausanne, Bibliothèque des Arts, 1997).

Jean-Pierre Moulin est journaliste et écrivain.