MUSIQUE 28.03.12 / 20H

Hildegard lernt fliegen


prix des places : 10 euros (tarif plein) et 7 euros (tarif réduit) / réservation : 01 42 71 95 70 ou ccs@ccsparis.com

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Hildegard lernt fliegen est l’un des projets musicaux actuels les plus créatifs de Suisse. Ce sextet crée en 2005 autour du compositeur et chanteur Andreas Schaerer dépoussière le jazz par des compositions et performances pleines d’esprit et d’imagination. Inclassable et étonnant, ce collectif cuivré au nom mystérieux offre à chacun de ses concerts un moment unique d’acrobaties vocales, d’envolées free jazz et d’art  bruitiste. Alliant les extrêmes, de Frank Zappa à Frank Sinatra en passant par la poésie de Kurt Weill, les trublions du free jazz transforme le CCS en cabaret survolté à l’occasion de la sortie de leur DVD live en France.

Cinema Hildegard

à consulter sur le web

Cinema Hildegard

Dans la scène du jazz suisse et européen, cela fait longtemps que Hildegard n’est plus un groupe en devenir, un bateau plus ou moins étanche ou une biquette dont les cornes n’ont pas fini de pousser. Mais de là à passer à la réalisation de films, il fallait un sacré culot. Justement, du culot, ces trublions du jazz en ont à revendre.
En 2010 à Moscou, Hildegard fut reçu comme le tsar Alexandre accueillit en son temps sa promise. Ce tumulte fut savamment saisi par Michelle Brun dans un film « Tales Wander ». De quoi faire se retourner dans sa tombe Robert Siodmak… Pour la première suisse du film, Marco Müller, étoile montante de l’architecture helvétique et bassiste de l’ensemble, construisit un cinéma dans le foyer des « Vidmarhallen ». Pendant que le groupe galopait sur l’écran tel Tom et Jerry, le batteur Steiner passait le balais dans la salle. Hildergard Lernt Fliegen baptise son film et son album d’une traite. « Tales Wander » et « Live à Moscou » sont désormais un œuvre double : « Cinema Hildegard »

Auparavant…

Pendant l’été 2005, le chanteur et compositeur Andreas Schaerer fonda un groupe pour apprendre à voler. C’est aujourd’hui chose faite, même si et surtout si la musique de Schaerer se dérobe à toute classification, comme la truite échappe aux mains du pêcheur. En 2007, elle fut malgré tout capturée sur disque. L’album « Hildegard lernt fliegen » paraît sur le label Unit Records. La presse ne tarit pas d’éloges et les partitions en question peuvent être étudiées en pièces jointes. L’album s’est vendu comme des petits pains (pour ne pas dire des téléphones qui parlent) et a dû être réédité quelques mois seulement après sa parution.

Quelques litres de café et d’innombrables kilomètres de route plus tard, des myriades de notes et de vocalises fusent de toutes parts. De la Suisse à l’Autriche, à l’Allemagne et à la Slovénie, les foules se déchaînent tout comme les jurys d’experts. En mai 2008, Hildegard Lernt Fliegen gagne le ZKB Jazzpreis. En 2009, le groupe tourne sous l’aile protectrice de Suisse Diagonales Jazz à travers les paysages polyglottes de la Suisse. La liste des scènes visitées s’allonge et se colorie. Hildegard met les voiles non pas seulement sur des clubs de jazz, mais également sur les planches des théâtres et des festivals (Jazznojazz Zürich, Cully Jazz, BeJazz winterfestival, Offside Festival Geldern, Langnauer Jazz Nights Dresdner Jazztage, Stanser Musiktage etc.).

En novembre 2009, toujours pas de répit. Obsédé par l’essence de ce qui est à la périphérie, Hildegard Lernt Fliegen traverse la nuit en direction de son avenir. «Vom fernen Kern der Sache», le deuxième album du groupe prend la forme d’une BD fantastique signée de l’illustrateur zurichois, Peter Baeder. Depuis le premier album, c’est lui qui donne un visage à Hildegard. Quant au clip vidéo « Seldom was covered with snow and an old oak », il est aussi charmant que surréaliste, à l’image de son auteur Maria Sigrist.

Voyage sonore

Pendant l’automne 2010, Hildegard Lernt Fliegen a mis un pied à terre en Russie pour deux semaines. À travers un décor qui semblait dessiné exprès pour lui, il sillonne les grands espace en compagnie de la réalisatrice Michelle Brun et de l’ingénieur ès son Martin Ruch.

La place rouge était blanche, fréquentée par des couples de mariés et la température polaire quand les musiciens de Hildegard Lernt Fliegen changèrent de chemises pour poser devant une séculaire caméra polaroid. Leur voyage se poursuivit aux tables des taverniers Thüringois, dans des gares désaffectées de Prague, des théâtres néo-hippie de Vienne et dans un ancien sauna post-soviétique.

En train et en bus, en avion et parfois à pied Hildegard Lernt Fliegen voyage avec peu de sommeil et beaucoup de bagages… La réalisatrice Michelle Brun et le sonorisateur Martin Ruch gravent les sons et les images pour la postérité. Sur cette galette « live in Moscou », Hildegard sublime le concert original. L’auditeur attentif y retrouve toute l’intimité du concert de Moscou – ce qui inclut les conversations de bar en russe - et bien plus… Avec quelques instruments rouillés et quelques rouleaux de pellicule, Michelle Brun et Hildegard inventent leur « Tales Wander », leur conte d’hiver russe. Par grand froid, les mythes alpins se mélangent avec les fantômes de la toundra…

Cinema Hildegard ce sont deux rondelles de disques dans un beau carton, un OVNI qui brille avec la même intensité que la lampe d’Aladin et qui vous réchauffe comme 7 bouteilles de vodka. Cinéma Hildegard est un bal d’opéra baroque au palais d’hiver avec les Dead Kennedys qui jouent la valse d’ouverture.

Au retour, les deux complices sont débarqués. Ils choisissent l’enfermement volontaire alors que Hildegard continue de rouler sa bosse en Allemagne, en Autriche, en Suisse et en République tchèque. Une année plus tard, Hildegard rentre dans la ville aux ours. Ils sont prêts à faire paraître le CD «Live In Moscou» et le film de leur tournée «Tales Wander ». Images et sons sont réunis dans le coffret « Cinéma Hildegard ». Début 2012, la boîte magique, à nouveau illustrée par Peter Baeder, trouve son chemin sur les marchés européens.

 
© photo : Reto Andreoli © photo : Reto Andreoli © photo : Reto Andreoli