Visites guidées + goûter

Parcours dans les trois expositions de réouverture avec la médiatrice Delphine Melliès pour explorer le travail et les récits des artistes Ingeborg Lüscher, d’Akosua Viktoria Adu-Sanyah et Mai-Thu Perret.

Pour prolonger ce moment d’échange, un goûter est offert à la buvette dans la cour du Centre culturel suisse.

MAI-THU PERRET – OTHERMOTHERS
Première exposition institutionnelle de Mai-Thu Perret (née en 1976, vit et travaille à Genève) à Paris, Othermothers nous transporte dans un espace-temps cosmique. Univers matriciel peuplé de divinités puissantes et de créatures espiègles, l’exposition convoque une histoire chimérique de la représentation, introduisant une nouvelle généalogie de déesses. En passant du son à la céramique, du bronze au néon, de la tapisserie au verre soufflé, l’artiste hybride les matières et les mythologies. Déployant un regard à la fois critique et spirituel, Othermothers convoque de nouvelles cosmogonies dissidentes et la possibilité d’une narration contemporaine mutante et sororale.

INGEBORG LÜSCHER – FLAMMES
Retraçant la pratique d’Ingeborg Lüscher (née 1936 en Allemagne ; vit et travaille au Tessin) l’exposition Flammes dévoile le rapport à l’embrasement qu’a développé l’artiste depuis ses premières expérimentations jusqu’à nos jours. Du souffre à la cendre, des braises aux volutes de fumée, les œuvres présentées explorent la vitalité du feu et sa puissance créatrice et indocile. Après un premier parcours de comédienne, Ingeborg Lüscher débute à la fin des années 1960 une recherche plastique, picturale et performative qui ne la quittera plus. Elle déploie également une pratique photographique unique, documentant ses proches, les rencontres faites et les paysages parcourus lors de ses voyages et dans son quotidien. Dès 1975, l’artiste compose également des œuvres conceptuelles et autobiographiques autour du hasard, de l’amour ou des rêves. Flammes explore la vitalité d’une riche carrière artistique nourrie par une quête continue de la transformation, un intérêt profond pour les processus cycliques de la destruction au renouveau, de la matière et des corps, de l’absence à la renaissance.

AKOSUA VIKTORIA ADU-SANYAH – NO FLOWERS
Première exposition monographique en France d’Akosua Viktoria Adu-Sanyah (née en 1990, vit et travaille à Zurich), no flowers engage une réflexion sur l’absence, le deuil et la violence inhérente aux systèmes médicaux et technologiques. L’exposition présente une pièce centrale du corpus DELIRIUM, initié en 2022, et no flowers, le chapitre développé autour du livre éponyme de l’artiste, co-édité avec le Centre culturel suisse. Tandis que DELIRIUM marquait un moment de déstabilisation où le portrait du père de l’artiste entamait un processus génératif de distorsion, no flowers s’oriente vers un acte de préservation. Des photographies analogiques de bouquets de fleurs séchées constituent la base matérielle du projet. En 2022, certaines ont été traitées par un système génératif d’images sans prompt, produisant des mutations visuelles retranscrites ensuite sur négatifs et imprimées en chambre noire. Elles côtoient les fragments du parcours médical du père de l’artiste et des observations cliniques rédigées par son dernier médecin à Accra. Sous la forme de tirages par contact, ce langage clinique — précis et procédural — réapparaît comme une matière physique. La répétition de fleurs, parfois intactes, parfois altérées, entoure la figure du père comme un geste posthume : non pas une conclusion, mais une présence. Entre désorientation, persévérance et attention, no flowers compose un espace de résistance à la disparition par la présence matérielle de l’image.