<p>Walter Pfeiffer, vue d’exposition / Photo : D.R.</p>

Walter Pfeiffer

Das Auge, die Gedanken, unentwegt wandernd

Fri 30 Apr – Sun 11 Jul 2004

Le Centre culturel suisse organise la première exposition rétrospective du photographe zurichois Walter Pfeiffer.

Articulée autour de la série "Das Auge, die Gedanken, unentwegt wandernd" ("l'oeil, les pensées, sans cesse en mouvement"), suite de portraits d'adolescents anonymes photographiés dans les rues de Paris, Milan et Zürich au début des années 80, l'exposition met en scène de nouvelles photographies réalisées en 2004, des polaroïds de la fin des années 70 ainsi qu'un choix de vidéos inédites. À l'occasion de l'exposition, son livre culte et désormais introuvable, Walter Pfeiffer 1970-1980, sera réédité par la maison d'édition zurichoise Jrp/Ringier.

Au début des années 70, après des études à l'Ecole des Beaux Arts de Zürich, Walter Pfeiffer exerce le métier de décorateur ainsi que celui de graphiste et d'illustrateur. La photo n'est alors pour lui qu'un moyen ludique de documenter l'ambiance particulière de son studio, sorte de Factory Warholienne où se mélange, sans distinction et avec toute la liberté d'esprit caractérisée par cette époque, une faune underground oscillant entre la mode, la drogue, l'art et la délinquance. Il expose pour la première fois ses photographies en 1974 et réalise l'image de la couverture du catalogue de l'exposition "Transformer" au Kunstmuseum de Lucerne, manifestation charnière qui met en scène l'aspect performatif du travestissement, les notions d'identité et de sexualité, préfigurant ainsi une bonne partie de l'iconographie des années 90 à travers laquelle Pfeiffer va être redécouvert comme un précurseur du genre. Assez discret dans les années 80, l'artiste ne cesse pourtant jamais de continuer sa propre quête d'une certaine idée de la beauté qui oscille entre humour et glamour et qui métamorphose le banal et le quotidien en de véritables images iconiques. Au-delà de ses clichés qui documentent la jeunesse et les garçons, ses thèmes récurrents, son vocabulaire s'étend aux natures mortes - bouquets de fleurs ou arrangements d'objets à la fois kitsch et flamboyants - développées dans des couleurs saturées et sophistiquées, ainsi qu'à quelques paysages extérieurs. Héritier de Wilhem von Gloeden, contemporain de Larry Clark, père symbolique de Wolfgang Tillmans, il est temps de réhabiliter Walter Pfeiffer.

Fri 30 Apr – Sun 11 Jul 2004